L’Etat dit se mobiliser avec les collectivités territoriales pour la filière conchylicole, après la suspension provisoire de récolte et de commercialisation des huîtres, moules et palourdes de l’étang de Thau. La préfète de l’Hérault Chantal Mauchet a réuni mardi, à la préfecture, les représentants de la filière conchylicole et l’ensemble des acteurs (services de l’État, collectivités, banques…), pour soutenir les conchyliculteurs impactés par les mesures sanitaires.
Plusieurs cas de toxi-infections alimentaires
Pour rappel, à la suite de plusieurs cas de toxi-infections alimentaires collectives liés à la consommation d’huîtres issues de l’étang de Thau, et en raison d’un lien épidémiologique, dû à la présence de norovirus, entre ces cas groupés et la consommation des coquillages, la préfète de l’Hérault a décidé, le 30 décembre dernier, de suspendre temporairement et durant 28 jours la récolte et la commercialisation des coquillages (huîtres, moules et palourdes) en provenance de ce secteur. Des mesures de restrictions qui s’appliquent aux coquillages récoltés à partir du 19 décembre.
Les deux événements pluvieux seraient à l’origine
Au regard des premières investigations, la pollution du bassin aurait pour origine les deux évènements pluvieux des 15/16 décembre et des 21/22/23 décembre avec des surplus d’eau non absorbés dans le réseau unitaire qui se seraient déversés dans le bassin, dans un contexte de norovirus infectieux présents dans les eaux usées. Une situation que subit directement la filière conchylicole, déjà fortement impactée par les précédentes crises du norovirus (décembre 2022 – janvier 2023) et de la malaïgue (été 2025).
Des « préjudices économiques importants »
« Les mesures sanitaires en place depuis le 30 décembre engendrent des préjudices économiques importants pour les conchyliculteurs de l’étang de Thau », indique la préfecture : perte de chiffre d’affaires, destruction de coquillages, frais logistiques, baisse d’activité, difficulté de trésorerie, chute des cours à l’export… En outre, les acteurs de la filière craignent « une baisse de confiance des consommateurs ».
Une « baisse de confiance » des consommateurs ?
L’État, le conseil régional, le conseil département et Sète Agglopôle Méditerranée entendent accompagner durablement les conchyliculteurs de l’étang de Thau. Des mesures significatives d’aides d’urgence été annoncées lors de cette réunion de crise pour compenser les pertes de chiffre d’affaires et soutenir les entreprises de la filière :
- Le conseil départemental de l’Hérault, malgré ses contraintes budgétaires, envisage l’exonération de la redevance portuaire (soit enveloppe d’environ 120 000 euros) et viendra en appui des autres parties prenantes ;
- Sète Agglopôle Méditerranée propose la mise en place d’une année blanche concernant la redevance pour le traitement des déchets conchylicoles (soit un volume financier d’environ 1M€).
- L’État précise qu’un étalement des dettes fiscales et sociales peuvent être sollicitées. Le DDFIP (Direction départementale des finances publiques) a autorisé un mécanisme de remise gracieuse de la TFNB (taxe foncière sur les propriétés non bâties). Le dispositif de réduction de redevances domaniales de culture marine (appliqué à hauteur de 50% -soit le maximum- en 2026 suite à l’épisode de Malaïgue pour les exploitants reconnus éligibles au dispositif des calamités agricoles) sera également réactivé sur 2027.
- La Banque de France rappelle que la médiation du crédit peut être sollicitée et qu’un étalement du remboursement des prêts garantis par l’Etat sur 4 ans supplémentaires est possible. La BDF invite par ailleurs les conchyliculteurs à contacter leurs banques pour étudier des reports d’échéances de prêts et des facilités de découverts.
- Au-delà de l’ensemble des aides possibles dont le chômage partiel instruit par la DEETS, la DDTM a annoncé l’ouverture dès la semaine prochaine du guichet pour l’indemnisation de la crise de la Malaïgue de cet été. Cette indemnisation tiendra compte du nouveau barème qui a été travaillé avec la profession et qui n’avait pas été révisé depuis 15 ans.
« Des mesures structurelles devront être accélérées et poursuivies pour prévenir de nouvelle crise, telles que l’amélioration des réseaux d’assainissement et du fluvial, et le développement des réponses de mise à l’abri », détaille la préfète. Une campagne de communication financée par le FEAMPA (Fonds Européen pour les Affaires Maritimes, la Pêche et l’Aquaculture) sera déployée pour traiter la question du « déficit d’image » induit par cette nouvelle crise du norovirus. La montée en puissance du conchylitour, porté par le département participera à cette promotion du savoir-faire local.


