« Si vous avez subi des violences, laissez une trace. » Un message que les passants ont pu lire sur la pancarte de Guillaume, vêtu d’une combinaison blanche, immobile et les yeux bandés, sur la place de la Comédie. À ses pieds, plusieurs récipients de peinture étaient disposés afin que les victimes puissent « laisser une trace ».
« On se rend très vite compte que ça touche tout le monde »
Une action forte, découverte par Guillaume sur les réseaux sociaux, qui lui a donné envie de la reproduire à Montpellier. « Le principe même de pouvoir laisser une trace et de voir l’évolution pour les passants est une excellente idée, grâce à cela on se rend très vite compte que ça touche tout le monde, peu importe l’origine, le sexe, l’âge », témoigne l’étudiant en BTS. Avec deux amies, Cholé et Vanille, et une photographe, Emma, il a ensuite finalisé les préparatifs nécessaires à l’expérience.
Le jour J, entre « stress et excitation », Guillaume s’est installé sur la place centrale de Montpellier, sous le regard de passants intrigués. Rapidement, sa combinaison entièrement blanche a été recouverte de premières empreintes colorées, laissées par des personnes de tous âges, origines et sexes, dont la première apposée par une de ses amies « pour lancer le mouvement« . « Une fois plus détendu, j’entendais toutes sortes de choses, les histoires des passants, des remerciements, on me demandait si on pouvait me toucher », se souvient-il.
« Ils posent un geste, laissent une trace et repartent »
À la fin de l’expérience, ce sont des dizaines de mains qui ont recouvert la combinaison de l’étudiant. « Je sentais chaque main : certaines étaient légères et hésitantes, d’autres plus appuyées, au point de me faire vaciller », précise Guillaume. Pour lui, cette initiative permet d’offrir une autre manière aux victimes de se confier et de témoigner. « Le fait que je ne puisse pas les regarder enlève tout jugement. Pour une personne victime de violences, le plus dur est souvent d’affronter le regard de l’autre. Là, ils posent un geste, laissent une trace et repartent », ajoute-t-il. Après le geste, certaines victimes se sont même confiées, derrière la caméra, auprès des amies de Guillaume : « c’est une façon pour eux d’extérioriser et d’encourager notre démarche, et pour la plupart ils ont dit que cela les avait touchés et fait du bien. »
Cette expérience a permis au jeune homme de constater qu’il pouvait « toucher les gens sur des sujets humains qui rassemblent et qui aident ». Un constat qui l’amène désormais à réfléchir à d’autres initiatives similaires qu’il pourrait mener à l’avenir. « Ce sera sur des thématiques diverses, mais toujours avec l’objectif de rassembler et de montrer que personne n’est seul. »
Une expérience, filmée par ses amies Vanille et Chloé, que Guillaume a ensuite relayée sur son compte Instagram :
Des numéros d’aide sont disponibles gratuitement et de manière confidentielle :
- 3919 : Violences faites aux femmes (écoute et orientation)
- 3019 : Cyberharcèlement et violences numériques (e-Enfance)
- 119 : Enfance en danger (pour les mineurs en situation de risque)
- 3114 : Numéro national de prévention du suicide
- 17 : Police secours


