Hérault : une femme accuse le barman d’une discothèque de l’avoir droguée, l’établissement dément

jeudi 23 avril • 14:34
Une jeune femme dit avoir été "droguée" dans une discothèque héraultaise, l'établissement réfute la version et annonce porter plainte.

La publication est devenue virale, plus de 10 000 partages en quelques heures seulement. Sur Facebook, Clémence Cazi, qui se présente comme une cliente de la discothèque L’Entrepôt situé à Lattes (Hérault), dit avoir été « droguée » dans la nuit du dimanche 19 au lundi 20 avril, « par le barman » de cet établissement. Dans cette publication publique, elle précise : « le barman nous a servi un cocktail déjà préparé en bouteille entamée, un liquide rose fluo à paillettes ‘recette secrète’ il nous a dit. Et a insisté pour qu’on boive. ‘Black out’ de la soirée, vertige, chute, perte de motricité de la mâchoire. Dieu merci aucune de nous deux n’a été abusée. Examens faits aux urgences le lendemain, plainte déposée ce matin ».

« J’ai reçu une vingtaine de témoignages »

Elle assure ensuite avoir reçu de nombreux retours privés : « J’ai reçu une vingtaine de témoignages (…). Toujours le même barman, toujours le même mode opératoire ». Clémence Cazi, qui annonce porter plainte, encourage les victimes à en faire autant, et affirme avoir saisi plusieurs autorités administratives.

La discothèque conteste et porte plainte

Face à ces accusations, la direction de l’établissement réagit par le biais d’un démenti détaillé : « Nous prenons ces accusations extrêmement au sérieux. La sécurité et le bien-être de notre clientèle constituent une priorité absolue ». Après analyse de ses images de vidéoprotection, la direction indique n’avoir constaté aucun fait correspondant au récit : « Aucun fait correspondant aux accusations évoquées n’a pu être constatée (…). Elle [Clémence Cazi, ndlr] est sortie de l’établissement dans de bonnes conditions apparentes ».

L’établissement avance une autre explication, évoquant une consommation importante d’alcool : « Les éléments en notre possession indiquent que [la cliente Clémence Cazi, ndlr] a consommé plus de six verres d’alcool fort (…) susceptibles d’expliquer l’état décrit ». La direction conteste donc « fermement les propos tenus », qu’elle juge « graves et potentiellement diffamatoires », et annonce avoir déposé plainte pour diffamation et dénonciation calomnieuse. Elle précise également que le salarié visé a été temporairement écarté à titre conservatoire.

La députée Manon Bouquin saisit la préfète

L’affaire a pris une tournure politique avec l’intervention de la députée de l’Hérault, Manon Bouquin. Dans un courrier adressé à la préfète, elle évoque ces faits « particulièrement graves concernant des pratiques de soumission chimique ». Elle alerte sur un phénomène plus large : « Ce fléau constitue une menace majeure pour la sécurité publique, en particulier dans les établissements de nuit ». Dans son courrier rendu public, la députée souligne que le témoignage initial ferait état d’un « mode opératoire bien rodé, corroboré par de nombreux autres récits concordants ». La parlementaire demande explicitement l’examen d’une mesure forte : « Je sollicite (…) la fermeture administrative de l’établissement (…) afin de prévenir et garantir la sécurité des usagers ». L’enquête, s’il y en aura une, fera la lumière sur les circonstances exactes des faits.

Rédaction InfOccitanie/InfOccitanie.