« La République ne pliera pas ». À Castelnau-le-Lez (Hérault), la municipalité dénonce plusieurs « tags racistes, antisémites et haineux » apparus dans la commune. Mardi 21 avril, un nouveau message inscrit à la bombe aérosol a été découvert sur un mur du quartier Sablassou. Le tag indique : « Stop Génocide Gaza – Liban – Fuck Israël », recouvrant presque entièrement la surface du mur, portant à trois le nombre de « tags racistes, antisémites et haineux en une semaine », s’insurge le maire. L’un des tags représente une croix gammée nazie découverte dans la commune le 19 avril dernier, nous précise la municipalité.
Une croix gammée nazie
Pour le maire, il ne s’agit pas d’une simple dégradation mais d’une « attaque ». Julien Miro dit avoir déposé plainte auprès de la gendarmerie, avant de saisir la préfète de l’Hérault. L’édile condamne fermement ces actes et appelle à une réponse institutionnelle exemplaire. « L’antisémitisme, le racisme et la haine ne sont pas des dérives. Ce sont des choix. Et face à ce choix, la République doit être implacable », insiste-t-il.
« La République doit être implacable »
L’élu municipal d’opposition, Richard Corvaisier, en appelle à la prudence quant à la terminologie employée. « Je rappelle que si les dégradations de l’espace public sont condamnables, il n’est pas acceptable d’en déformer le contenu pour en instrumentaliser le sens », expose l’intéressé qui réagit spécifiquement au dernier tag découvert. Les inscriptions mentionnées ‘Stop Génocide Gaza – Liban – Fuck Israël’ « n’évoquent aucune religion », clarifie Richard Corvaisier, « elles relèvent d’une expression contestable dans la forme, mais qui ne constitue pas une expression antisémite ni raciste ».
« La lutte contre l’antisémitisme est instrumentalisée par certains responsables politiques »
Richard Corvaisier se dit inquiet : « Il existe déjà bien trop d’actes racistes et antisémites en France. Appliquer ces qualifications sans discernement est préoccupant, car cela contribue à brouiller leur sens et à affaiblir la lutte contre ces dérives bien réelles ».
Un « glissement » du maire, « qui n’est pas neutre dans un contexte où la lutte contre l’antisémitisme est instrumentalisée par certains responsables politiques qui créent volontairement cette confusion pour empêcher toute critique du gouvernement d’extrême droite d’Israël », poursuit l’élu d’opposition.
« Dans un État de droit, nul, pas même un maire, ne peut s’affranchir des limites fixées par la loi »
Un autre passage de la déclaration du maire fait tiquer Richard Corvaisier. « Ceux qui écrivent la haine sur nos murs veulent tester nos limites. Ils doivent comprendre une chose : il n’y en a pas », clarifie Julien Miro suite à ces tags. Richard Corvaisier rétorque : « Ces propos appellent à la plus grande vigilance. Dans un État de droit, nul, pas même un maire, ne peut s’affranchir des limites fixées par la loi et les principes républicains. Une telle déclaration traduit un positionnement inquiétant. Je demande au maire de Castelnau-le-Lez de retrouver calme et lucidité et d’être un acteur d’apaisement dans notre commune ».


