Vers 13h30, Franck* est amené dans le box des prévenus par les escortes pénitentiaires. Vêtu d’un t-shirt beige tâché et d’un jogging, il paraît décontenancé. Ce mercredi 29 avril, il doit être jugé par le tribunal correctionnel de Montpellier pour des faits d’exhibition sexuelle.
Jugé par le biais de la procédure de comparution immédiate, il a le droit de demander un délai pour préparer sa défense. C’est ce qu’il fait. « Une expertise psychiatrique de mon client est nécessaire », précise son avocate. C’est son droit. De ce fait, l’affaire ne sera pas jugée sur le fond aujourd’hui. Le tribunal devra simplement statuer sur les mesures de sûreté : dans l’attente de son procès, Franck restera-t-il en détention provisoire ? Ou bénéficiera-t-il d’un contrôle judiciaire ?
Des « pulsions sexuelles »
Le président du tribunal se lance dans un bref rappel des faits. Tout commence la veille, le 28 avril. Plusieurs mineurs expliquent avoir vu Franck « le doigt dans la bouche et baisser son pantalon ». L’un des enfants évoque également « un doigt dans l’anus ». Franck est alors interpellé, placé en garde à vue puis déféré devant le procureur de la République avant d’être présenté, ce mercredi, devant le tribunal correctionnel de Montpellier.
« Sur le moment, j’ai sucé mon doigt, baissé mon pantalon et mouillé mon anus avec mon doigt », reconnaît-il dans le box, évoquant une crise d’hémorroïdes. Franck est nomade depuis une vingtaine d’années : « Je voyage pour visiter le plus de choses possibles », confie-t-il lorsque le président évoque sa personnalité. Déjà condamné dans le passé pour des faits d’exhibition sexuelle, il affirme « être malade dans [sa] tête » depuis « très longtemps » évoquant des « pulsions sexuelles ». « J’essaie de réfléchir avant mais parfois, la chose se passe sans que je ne puisse rien faire ». La chose dont il parle, c’est l’exhibition sexuelle.
« La clé de ce dossier est l’expertise psychiatrique »
La procureure de la République, prenant la parole à son tour, ordonne une expertise psychiatrique en raison d’éventuelles pathologies d’ordre psychologique à évaluer et requiert le maintien en détention provisoire du prévenu en vue de « l’absence de garantie de représentation ». L’avocate de la défense n’est pas contre : « Pour juger, il faut comprendre et pour comprendre, il faut expliquer. La clé de ce dossier est l’expertise psychiatrique ». Après une courte délibération, le tribunal correctionnel de Montpellier ordonne une expertise psychiatrique et renvoie le dossier de Franck à l’audience du 6 juillet 2026. Dans l’attente, il restera en détention provisoire.
*Prénom d’emprunt


