Enfin. À quelques semaines du grand rendez-vous, un nom est lâché, un visage est dévoilé. Le parti frontiste sera représenté par un homme bien connu des Gardois à Nîmes, capitale de 150 000 habitants gouvernée par LR depuis deux décennies.
Le RN a-t-il ses chances à Nîmes ?
Le RN aura bien essayé. Il y a quelques jours, c’est au premier adjoint du maire et président de Nîmes Métropole, Franck Proust, que le parti à la flamme soumettait une proposition. Laquelle consistait à rejoindre l’UDR, le parti ciottiste, dans une alliance. Refus net de Franck Proust qui trace son sillon. « Cela a toujours été ma position à l’instar du maire de Nîmes, jamais les extrêmes », nous confiait-il lors d’une entrevue.
De Beaucaire à Nîmes
Les bruits de couloir allaient bon train en faveur de Julien Sanchez qui serait domicilié à Nîmes. L’eurodéputé, ancien maire de Beaucaire, vice-président du RN et responsable des investitures au sein de l’état-major, a laissé planer le suspense de longues semaines. C’est finalement lui que le RN et l’UDR ont choisi de placer en tête de liste, bien que le nom du député RN Yoann Gillet, candidat aux municipales nîmoises de 2020, avait également circulé dans les couloirs. Une candidature officialisée ce samedi 17 janvier à l’hôtel l’Impérator à Nîmes, soutenue par Yoann Gillet et la députée RN Sylvie Josserand qui figurent sur la liste. « Face aux circonstances graves et inédites, et parce que j’aime notre département et sa capitale, je ne peux pas regarder sans rien faire Nîmes redevenir communiste », soutient le candidat.
Julien Plantier ? « Hautain et méprisant »
L’ancien édile de Beaucaire étrille Julien Plantier, ancien premier adjoint du maire de Nîmes, candidat sans étiquette LR : « Méprisant et hautain, connu pour ça dans toute la ville, avec un égo tellement démesuré qu’il est prêt à poignarder celui qui l’a employé en politique ». Le ton est donné. Franck Proust ? « Il prétend diriger la ville mais n’arrive même pas à réunir son propre propre camp ». Les deux «Dauphins » ne sont pas à la « hauteur des enjeux » de l’héritage du maire, avance Julien Sanchez étonnamment très élogieux vis-à-vis de l’édile. Le candidat dit par ailleurs ne pas s’engager à Nîmes par « appât du gain », en témoigne son salaire qui serait « divisé par deux » s’il devait quitter l’Europe.
La sécurité, une « priorité »
Lors de cette conférence, Julien Sanchez évoque les axes qu’il priorisera s’il venait à accéder au fauteuil, notamment en matière de sécurité, qui constitue « une priorité ». Outre la sécurité, l’ancien maire de Beaucaire évoque l’entretien des voiries laissant à désirer selon lui, mais aussi celui des écoles, et promet de les visiter « une par une » afin d’en vérifier l’état.
Franck Proust « a perdu »
Au sujet de la Métropole, le candidat RN fustige « le partage entre Franck Proust et Jean-Paul Fournier », qu’il qualifie de « catastrophe ». Pour lui, « le maire de Nîmes doit aussi être président de Nîmes Métropole ». S’il accède au second tour, Julien Sanchez exclut d’ores et déjà tout rapprochement avec Franck Proust. « C’est lui qui a exclu notre demande d’alliance, il a donc perdu. Ce sera soit le Rassemblement national, et donc moi, soit le communiste Vincent Bouget », pronostique-t-il.
Le défi est de taille dans une Ville à la configuration électorale différente de la ruralité, terrain de prédilection des frontistes. Une ville que le maire sortant a contribué à transformer, ancrant de fait un attachement à la droite républicaine et ses valeurs.
Aux dernières élections municipales, en 2020, Yoann Gillet, le candidat du Rassemblement national, avait remporté 12,92 % des suffrages au second tour dans une quadrangulaire. En 2014, le même Yoann Gillet avait obtenu 24,41 % des voix au second tour.


