Face à la flambée des prix de l’énergie, et en particulier du pétrole, Eric Giraudier, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Gard (CCI), alerte sur les conséquences pour les entreprises du territoire et plus globalement son dynamisme économique.
Le renchérissement du pétrole, lié aux tensions géopolitiques, impacte directement les coûts de transport, de logistique et de production. Dans un département comme le Gard, où les PME, les artisans, les commerçants et les entreprises industrielles constituent le coeur du tissu économique, cette hausse menace les équilibres.
Une « taxe sur la taxe »
« À cette augmentation des prix s’ajoute une réalité structurelle : le poids particulièrement élevé de la fiscalité sur les produits pétroliers, pointe Eric Giraudier dans un communiqué. Entre la TICPE et la TVA, une part trop significative du prix payé par les entreprises relève de la taxation. Plus préoccupant encore, le mécanisme de la TVA appliquée sur un prix incluant déjà la TICPE revient, dans les faits, à instaurer une forme de ‘taxe sur la taxe’, amplifiant mécaniquement les hausses constatées à la pompe ».
Coût de livraison, matières premières, inflation…
L’augmentation des carburants se répercute sur l’ensemble de la chaîne de valeur, constate l’intéressé : hausse des coûts de livraison, renchérissement des matières premières issues de la pétrochimie, augmentation des frais de transports pour les salariés et inflation généralisée des prix des fournisseurs.
Des marges de manoeuvre encore plus « limitées »
Pour de nombreuses entreprises, notamment les plus petites, elles doivent soit « absorber les surcoûts, augmenter leurs prix au risque de perdre en compétitivité, ou différer des investissements pourtant essentiels à leur développement ».
Un risque « réel » pour la croissance et l’emploi
La capacité d’investissement des entreprises est fragilisée, leur visibilité se réduit, et certains projets de recrutement ou de développement pourraient être remis en cause, selon le porte-voix de la chambre consulaire.
Face à cette situation, la CCI Gard appelle à une mobilisation collective : une vigilance accrue des pouvoirs publics sur l’évolution des prix et de la fiscalité énergétique ; une réflexion rapide sur les mécanismes fiscaux, notamment ceux qui amplifient artificiellement les hausses ou la mise en place de dispositifs ciblés pour les entreprises les plus exposées, notamment dans les secteurs du transport, du bâtiment, de l’industrie et du commerce.
La FDSEA et les JA tirent également la sonnette d’alarme
Le prix du GNR (Gazole non routier), a doublé en moins d’un mois. Pour les agriculteurs du Gard, à l’heure des récoltes, cette situation est devenue « intenable » alertent de leur côté la FDSEA 30 et les JA 30, avant de dénoncer l’insuffisance des réponses actuelles, des « mesurettes » et l’endettement comme seule solution. « Nos exploitations ne peuvent plus absorber de nouvelles charges. Nous exigeons désormais des aides directes pour compenser cette envolée des prix et préserver la viabilité de nos exploitations », appellent en coeur les syndicat agricoles.


