C’était trop beau pour être vrai. Samedi 17 octobre 2026, un cortège monumental s’élance des Jardins de la Fontaine à Nîmes pour une déambulation festive et encadrée. Dans la foule, un danseur imite Michael Jackson au cours d'un show improvisé, des chants sont entonnés et les pancartes joyeusement dégainées vers le ciel. Soudain, un groupe poursuit la marche depuis la préfecture sur un itinéraire non déclaré. La violence émerge. Le magasin de vêtements de sport FootKorner situé avenue Général-Perrier est vandalisé et pillé, tout comme Le Carrefour Express du centre-ville ou le magasin Lidl des 7 Collines dont les vitres sont cassées. Des feux de poubelles sont allumés sur le boulevard périphérique, du mobilier urbain est détruit. Des jets de projectiles visent les forces de l'ordre, notamment au rond-point de Nîmes-Ouest. A Montpellier dans le département voisin, le bilan est pire encore, une quinzaine de magasins sont pillés, la Place de la Comédie se mue en théâtre du chaos au cours de la soirée. A l’appel de l’Association des maires de France, de nombreux édiles ont organisé un rassemblement pour défendre les valeurs républicaines et condamner les agressions ciblant les élus et les services publics.
« Derrière chaque vitrine, ce sont des femmes et des hommes, du travail, de l’investissement et parfois toute une vie consacrée à une activité »
Malgré la pluie battante, une cinquantaine de personnes se sont réunies, dont des élus de l'ancienne majorité de droite, pour écouter le discours du maire-président de Nîmes Vincent Bouget. Ce dernier est sans équivoque : les violences et les dégradations sont « inacceptables et doivent être condamnées », mais ne doivent pas être confondues avec le mouvement social qui traverse notre pays. L’édile communiste a exprimé sa solidarité envers les villes touchées, à l’instar de Limoges dont la mairie est partie en fumée. « Ce n’est pas qu’un bâtiment public, mais un symbole de notre démocratie locale et du bien commun. La République au plus près des habitants a été fragilisée », déplore le premier magistrat. Aux commerçants nîmois touchés, Vincent Bouget exprime sa pleine solidarité, tout en rappelant : « Derrière chaque vitrine, ce sont des femmes et des hommes, du travail, de l’investissement et parfois toute une vie consacrée à une activité ».
Commerçants : « La ville de Nîmes est à leurs côtés »
Le maire de rassurer : « La Ville de Nîmes est à leurs côtés ». L’édile s’est par ailleurs rendu au chevet du gérant de Carrefour. Concernant la compétence régalienne, « La République doit assurer la sécurité de tous, agents du service publics, commerçants et manifestants, il faut s’en donner les moyens », assure-t-il. Le chaos de certaines scènes ne doit pas occulter la colère sociale : « Jeunes, salariés, familles, indépendants, retraités expriment leurs difficultés, disent leur inquiétude de l’avenir et le sentiment de ne pas être entendus ». Une injustice qui ne doit pas être laissée « sans réponse », conclut Vincent Bouget. Vidéo du rassemblement ci-dessous :


