Hérault : protoxyde d'azote, stupéfiants, trottinettes ... La préfecture lance une campagne choc sur les routes

jeudi 10 septembre • 12:06
Afin d'interpeller la population sur des risques importants à l'origine d'accidents, une nouvelle campagne d'affichage est lancée dans l'Hérault.

Des slogans percutants, des images choc et un objectif clairement affiché : interpeller les usagers de la route. La nouvelle campagne de sécurité routière lancée dans l'Hérault a été présentée ce mercredi par Chantal Mauchet, préfète du département.

Les affiches, produites localement, ont notamment été pensées pour être visibles par les usagers dans les lieux d'attente, notamment aux arrêts de tramway. "Le but est d'alerter sur des comportements addictifs", a expliqué la préfète.

29 morts et des accidents plus nombreux

Derrière cette campagne, les chiffres ont été présentés comme un signal d'alerte. Depuis le début de l'année 2026, 29 personnes ont perdu la vie sur les routes de l'Hérault et 743 ont été blessées. Si le nombre de décès est inférieur à celui enregistré en 2025, où 50 morts avaient été recensés, les accidents sont plus nombreux et leurs conséquences plus lourdes pour les personnes blessées.

La campagne s'est ainsi concentrée sur plusieurs facteurs susceptibles d'aggraver le risque d'accident : consommation d'alcool ou de stupéfiants, vitesse, manque d'attention et comportements dangereux à bord des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM).

Protoxyde d'azote : une nouvelle arme contre les usages détournés

"Le gaz hilarant ... mort de rire", alerte l'une des trois affiches qui s'attache directement au protoxyde d'azote. Le message rappelle que quelques secondes d'euphorie peuvent entraîner des conséquences durables.

La préfecture a également mis en avant les nouvelles possibilités offertes par la législation. "La loi RIPOST a des mesures d'application immédiate que l'on peut mettre en place sur ces sujets", a précisé la préfète. Le texte prévoit notamment de nouveaux délits destinés à sanctionner les comportements liés à l'usage détourné du protoxyde d'azote.

La conduite malgré l'usage ou la consommation manifeste d'une substance entraînant une altération de la vigilance, notamment le protoxyde d'azote, peut désormais être sanctionnée de la même manière que la conduite sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants, avec une peine pouvant aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 9000 euros d'amende. En cas de cumul avec l'alcool et les stupéfiants, les peines peuvent être portées à cinq ans d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende. Les commerces procédant une vente détournée de protoxyde d'azote peuvent également faire l'objet d'une fermeture administrative.

Campagne d'affichage destinée à sensibiliser aux comportements dangereux sur la route

Préfète de l'Hérault

Plus de 1100 suspensions de permis liées aux stupéfiants

"Il y a des lignes à ne pas franchir". La deuxième affiche de la campagne cible les conducteurs ayant consommé des stupéfiants. Dans l'Hérault, la réponse administrative s'est notamment traduite par une forte augmentation des suspension de permis. "En 2026, 2600 suspensions de permis ont été prononcées. Parmi elles, 1100 sont dues à l'usage de stupéfiants", a indiqué Chantal Mauchet.

La loi RIPOST renforce par ailleurs les possibilités d'action sur le plan administratif. Désormais, la préfète pourra prononcer une suspension temporaire du permis de conduire sur la base d'un procès-verbal constatant, en cas de réitération, une infraction d'usage illicite de stupéfiants, indépendamment d'un manquement au Code de la route.

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Campagne d'affichage destinée à sensibiliser aux comportements dangereux sur la route

Préfète de l'Hérault

Trottinettes : casque et gilet réfléchissant désormais obligatoires

"Certains rails mènent à l'hôpital". Le troisième volet de la campagne concerne les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), notamment les trottinettes électriques. "En trottinette comme à vélo, on ne roule pas sur les voies de tram", peut-on lire sur l'une des affiches.

Entre 2024 et 2026, 138 personnes ont été blessées dans l'Hérault dans des accidents impliquant des EDPM, dont 46 ont été hospitalisées. Sept personnes ont perdu la vie, principalement en agglomération.

Face à ces accidents, la préfète a décidé de renforcer les règles de protection des utilisateurs. À compter de ce mercredi, le port du casque et du gilet réfléchissant est devenu obligatoire pour les usagers d'EDPM dans tout le département de l'Hérault. "En cas de contrôle sans ces équipements, l'usager s'expose à une amende de deuxième classe de 135 euros", prévient Chantal Mauchet.

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Campagne d'affichage destinée à sensibiliser aux comportements dangereux sur la route

Préfète de l'Hérault
Camille Casanova/InfOccitanie.