La situation est critique. À l'intérieur du véhicule, un homme est pris de vives douleurs au bas du dos, piégé par la carcasse. Ce conducteur vient de percuter un poids lourd de quelque 35 tonnes. "Vous m'entendez ? Est-ce que vous sentez quelque chose ?", questionne un sapeur-pompier tout en lui touchant le bras, lequel poursuit ses interrogations : "Sur une échelle de 0 à 5 comment estimez-vous votre douleur ?". La simulation confine au réel tant les conditions de l'accident sont reconstituées avec précision. A l'occasion de la campagne de sensibilisation "Tous en jaune", Vinci Autoroutes a invité l'ensemble de la communauté autoroutière au district ASF du Languedoc situé à Poussan à la sortie du péage de Sète, dans l'Hérault. Objectif : démontrer le travail collectif et la synergie des acteurs qui interviennent sur les accidents.
Une matinée dans les conditions du réel
Mercredi 14 octobre, après un petit-déjeuner autour de boissons chaudes et de viennoiseries, les patrouilleurs de Vinci ont côtoyé gendarmes, sapeurs -pompiers et dépanneurs durant toute une matinée. "On est partis sur un scénario d'un camion couché et d'une personne blessée à désincarcèrer", explique en amont Christophe Stanzione, chef de district du Languedoc à Vinci Autoroutes. Romain Sanchez, commandant du groupement territorial Est Hérault des sapeurs-pompiers, se réjouit de l'exercice et adresse aux patrouilleurs un hommage : "Quand les pompiers arrivent, vous avez généralement sécurisé la zone, on vous en remercie, vous affinez vos techniques au fil des années, tout comme nous concernant notre logique opérationnelle".
Un exercice à taille réelle qui permet de plonger dans un cas d'urgence et de vivre le déroulé des interventions de A à Z. Dans un ballet millimétré, les patrouilleurs de Vinci Autoroutes qui sont les premiers alertés procèdent au balisage à l'aide de cônes installés à espaces réguliers afin de sécuriser la zone. Rappelons qu'il appartient aux gendarmes de couper l'autoroute à la circulation si besoin. Les patrouilleurs alertent immédiatement les gendarmes ainsi que les sapeurs-pompiers.
Un chef de groupe du SDIS ainsi que son équipe interviennent avec une ambulance pour secourir la victime ainsi qu'un "véhicule secours routier" en cas de désincarcération nécessaire. Une fois sur les lieux et le diagnostic établi, le chef de groupe transmet les ordres à son équipe. Pour cette opération, six sapeurs-pompiers sont mobilisés afin de désincarcérer la victime : un homme d'un quarantaine d'années. Après avoir coupé la batterie pour prévenir tout risque d'incendie, les pompiers préparent le matériel qu'ils posent au sol et désossent la portière, puis atteignent le conducteur et le retire délicatement du véhicule avant de le poser sur un brancard. Direction le véhicule de secours, quelques questions sont posées pour établir le niveau de conscience de la victime.
Les gendarmes entrent en jeu. Munis de leur bombes de peinture, ils marquent les pneumatiques en cas de reconstitution future de l'accident. Des clichés sont pris afin d'être transmis à l'autorité judiciaire, les plaques d'immatriculation sont relevées, les assurances des conducteurs vérifiées. Place ensuite à l'éthylotest et au test de stupéfiant. Si la victime n'est pas en mesure de se soumettre car blessé, les gendarmes l'accompagnent au centre hospitalier, transmettent le kit au médecin qui se chargera de la prise de sang. Une fois le flacon réceptionné chez les gendarmes, direction le laboratoire d'analysé à Toulouse avec un résultat sous quelques jours.
La société 'Montpellier dépannage' a ensuite la lourde tâche de relever le poids lourd. A l'aide de "coussins basse pression", la charge est relevée de façon uniforme sous les applaudissement des différents corps de métier. "Vous suez des gouttes", fait-on remarquer à un pompier suite à la désincarcération. "C'est très physique en effet. Et encore, nous ne sommes pas sous la canicule, il fait plutôt bon..." , répond-il. On n'ose imagine en plein mois d'août. Oute la simulation d'accident, des ateliers de sensibilisation étaient à disposition des participants tout au long de la matinée : respect du corridor de sécurité, viabilité hivernale, protoxyde d'azote, réalité virtuelle...


