Nîmes : Fabien Gay, "tout doit être fait pour faire barrage à l’extrême droite en 2027"

lundi 05 octobre • 13:20
Le sénateur de Seine-Saint-Denis, Fabien Gay, est à Nîmes ce lundi. Il l’affirme, la France n’est pas « fondamentalement raciste, elle n'est pas prête à se jeter dans les bras du FN ».

« C’était la Fête de l’Humanité ou la Fête de Mélenchon ? », interroge-t-on. « Pardon de le dire avec beaucoup d’amitié, mais j’en ai marre des réseaux sociaux et du miroir déformant. Beaucoup d’éditorialistes avec leurs mocassins se sont empressés de sortir leur analyse, ceux-là mêmes qui ne sortent pas du 16e pour aller sur le terrain », nous répond Fabien Gay. Ce dernier, rapporteur de la commission d'enquête sénatoriale ayant révélé quelque 211 milliards d’aides publiques aux entreprises sans contreparties vérifiées, en appelle aux chiffres : « C’était 570 000 personnes, 190 000 par jour, le meeting de Fabien Roussel a réuni 40 000 personnes. Tous les chefs de groupe à l’Assemblée ont débattu à la Fête de l'Huma ». Reste que le meeting du chef de LFI, Jean-Luc Mélenchon, semble avoir été le point d’orgue de l’événement, la ferveur populaire ayant été largement au rendez-vous. « Oui, il y a une dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon, ce serait mentir que d’insinuer le contraire, il a fait 22% à la dernière présidentielle. Mais les débats étaient pleins pour tous les meetings ».

Fabien Gay au Prolé Nîmes, 5 octobre 2026. Photo Linda Mansouri

Fabien Gay au Prolé Nîmes, 5 octobre 2026. Photo Linda Mansouri

"La question centrale reste les législatives"

Alors que le Rassemblement national est aux portes du pouvoir, la candidature de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, à la présidentielle va-t-elle chiper des voix à Jean-Luc Mélenchon, l’empêchant d'accéder au second tour ? « Je ne crois pas à cette théorie, oppose Fabien Gay. Fabien Roussel a décidé de faire une campagne où il n'attaque aucun candidat de gauche, en mettant en avant la nationalisation du secteur de l’énergie par exemple. Une idée devient une force lorsqu'elle s’empare des masses". Plus que la présidentielle, la question centrale reste aujourd’hui « celle des législatives », insiste Fabien Gay. « C'est celle qui détermine le pouvoir, tout doit être mis en place pour une large coalition ». Sans les Insoumis ? « Non, sans les exclure au contraire. Si Marine Le Pen venait à gagner l’élection présidentielle, il faudra sonner l’alerte générale aux législatives ».

"Le Front national, c’est une politique d’apartheid social"

D’autant que les risques sont bien présents selon le sénateur, « le Front national, c’est une politique d’apartheid social avec la préférence nationale, la chasse aux syndicats, aux femmes, aux migrants,  aux retraités, bref une politique de division et de haine généralisée. Il faut mener une bataille culturelle et idéologique dans tout le pays pour les faire reculer ». Fabien Gay dit avoir été en procès "contre l'extrême droite", en tant que directeur du journal l'Humanité, intenté "notamment par les affiliés de Pierre-Edouard Stérin (milliardaire ultra conservateur, ndlr)". Il est de nouveau convoqué au tribunal pour avoir "dénoncé les agissements de l'extrême droite. J’en ai fait une lutte prioritaire" .

Union de la gauche à Nîmes, "cela peut essaimer partout »

Des expérience locales d’union de la gauche doivent montrer l’exemple selon le sénateur communiste : « Vincent Bouget (maire de Nîmes) est un ami, il a réussi à unir les citoyens, cela montre que rien n’est figé. En partant du local, cela peut essaimer partout ». Concernant la colère des lycéens, « elle explose, en plus de l’algoryhme de Parcoursup, les classes sont surchargése, il fait trop chaud ou trop froid, les professeurs manquent, tout comme les moyens », déplore le sénateur qui appelle à l’apaisement. « Ce sont nos gamins, ils ont 15 ans. Quand la seule solution ce sont des coups de matraque et du gaz lacrymo, c’est insupportable. Il faut pacifier les choses et canaliser cette colère ».  Dans le programme de son séjour gardois, Fabien Gay se rendra à Alès demain pour soutenir les victimes de l’agression du bar le Prolé en 2025, en marge de l'audience. Il échangera également avec le maire de Nîmes et devrait aller à la rencontre des gréviste de l’hôtel Imperator.

Linda Mansouri/InfOccitanie.