Une scène ubuesque, filmée lors d'une soirée dans une boîte de nuit de Rodez. Massivement relayée sur les réseaux sociaux (notamment TikTok) et cumulant des milliers de vues, on voit dans une courte séquence vidéo plusieurs jeunes en train de scander : "Marine au pouvoir. Les Arabes à l'abattoir". Avisé samedi 20 juin 2026, le procureur de la République de Rodez s'est saisi de l'affaire et a confirmé auprès de France 3 avoir ouvert une enquête confiée au commissariat de la ville préfecture de l'Aveyron. Les propos tenus relèvent en effet d'une incitation à la haine raciale, punie par la loi et susceptible de poursuites devant le tribunal correctionnel.
Le témoin, qui a filmé la scène, précise dans les colonnes de France 3 : "J'étais très en colère que ce genre de propos ne fasse réagir personne dans la soirée et que les gens suivent le mouvement au lieu de s'indigner. Et je pense que cette vidéo, c'est un bon moyen de montrer le danger que représente l'extrême droite et de dénoncer les propos racistes et discriminatoires que ce parti (le Rassemblement National de Marine Le Pen, ndlr) soutient."
Le gérant de la discothèque réagit
Le député LFI de l'Aveyron, Laurent Alexandre, a déclaré saisir le Parquet de Rodez : "L’article 40 alinéa 2 du code de procédure pénale fait obligation à toute autorité constituée et à tout élu, qui acquiert la connaissance d’un délit, d’en aviser sans délai le procureur de la République".
Tristan Barès, gérant de la discothèque Loft 89 se désolidarise pleinement de cette séquence. Sur sa page Facebook, il publie un communiqué : "Nous tenons à préciser que nous ne cautionnons en aucun cas ces agissements et les condamnons avec la plus grande fermeté. Ces comportements sont totalement contraires aux valeurs de respect et de tolérance que nous défendons."
"Nous tenons à rappeler que notre établissement est un lieu de fête ouvert à tous, sans distinction d'origine, de religion ou de conviction. Les comportements et propos incitant à la haine n'y ont pas leur place et ne seront jamais tolérés", peut-on encore lire dans ce communiqué.


