Montpellier : 10 mois de prison pour un vol à l'arrachée sur une personne âgée

vendredi 19 juin • 16:12
À Montpellier (Hérault), un trentenaire a écopé 10 mois de prison ferme pour un vol à l'arrachée sur une personne âgée. À l'audience, il reconnaît les faits et affirme avoir agi parce qu'il était affamé.

Ce mercredi 17 juin, Ayoub* entre dans le box. Le tribunal correctionnel de Montpellier doit se prononcer sur son sort. Il est mis en cause pour vol aggravé.

Un vol à l'arrachée sur une personne âgée

Les faits remontent à quelques jours seulement. Le 14 juin, aux alentours de 17h30, les policiers sont avisés d'un vol à l'arrachée commis dans le quartier Tonnelles à Montpellier (lire ici). Sur place, un témoin des faits tente de retenir le suspect. En vain, ce dernier s'enfuit. La victime, une personne âgée, a elle aussi quitté les lieux et n'a pas été retrouvée par la suite. À leur arrivée, les policiers récupèrent le bijou volé ainsi qu'une photographie du suspect prise par le témoin. Des éléments qui leur permettent de poursuivre les investigations.

Des recherches qui finissent par porter leurs fruits. Les enquêteurs interpellent un suspect, un homme de 32 ans. Les images de vidéosurveillance de la TaM le montrent descendant du tramway juste avant d'arracher le collier de sa victime.

Alcoolisé, en manque de médicaments et affamé

"Ce rappel des faits retrace entièrement la vérité", assure Ayoub depuis le box des prévenus. Déjà connu de la justice, ce trentenaire compte deux mentions à son casier judiciaire, dont une pour vol. Il invoque les "circonstances de [sa] vie" pour expliquer son passage à l'acte. Le jour des faits, il se dit alcoolisé, en manque de médicaments et surtout affamé. Il explique avoir volé le collier afin de le revendre pour s'acheter à manger.

Les faits peuvent-ils être assimilés à un vol de nécessité ? La procureure de la République n'y souscrit pas. "Arracher un collier à une personne âgée, c'est moche", lance-t-elle. Elle met en avant la gravité des faits ainsi que la situation irrégulière d'Ayoub sur le territoire national. Elle requiert 12 mois d'emprisonnement avec maintien en détention ainsi qu'une interdiction de paraître à Montpellier pendant trois ans.

La défense s'oppose fermement à ces réquisitions. L'avocat estime que son client, qui souhaite désormais quitter la France, ne doit pas être placé sous mandat de dépôt. Une mesure qui aggraverait sa situation. "Ce qu'il pense quand il arrache le collier, c'est manger", plaide-t-il, rappelant une vie de précarité, rythmée par l'aide d'associations. "Il vit avec rien dans les poches", insiste-t-il.

Condamné à 10 mois d'emprisonnement ferme

Après en avoir délibéré, le tribunal déclare Ayoub coupable et prononce une peine de 10 mois d'emprisonnement avec maintien en détention, ainsi qu'une interdiction de paraître en France pendant 5 ans.

*Prénom d'emprunt

Camille Casanova/InfOccitanie.