"Carcassonne, qui tirerait son nom de Dame Carcas la Sarazine, selon la légende bien connue des habitants, ne doit pas devenir un nouveau bastion identitaire", lit-on dans une pétition relayée par le collectif de jeunes militants 'Nous Carcassonne'. C'est décidé, le maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, a reçu les organisateurs du "Canon français" afin de préparer cet événement qui se tiendra dans la commune en 2027. "Plus d’informations seront dévoilées prochainement", indique la Ville dans une publication sur Facebook mardi 28 juillet, accompagnée d'une photo du maire dans la salle qui accueillera le banquet.
Le Canon français est une entreprise privée organisant des banquets géants autour du terroir et des chants traditionnels, dont la polémique est née de l'entrée au capital de Pierre-Édouard Stérin, un milliardaire ultraconservateur, à la tête du plan Périclès (acronyme pour Patriotes / Enracinés / Résistants / Identitaires / Chrétiens / Libéraux / Européens / Souverainistes), révélé en 2024 par L’Humanité et censé « permettre la victoire » de la droite et de l’extrême droite. Un "think tank" qui entend bien peser de tout son poids dans le paysage politique français, via la promotion d'une alliance entre l'extrême droite et la droite libérale conservatrice en France.
Propos racistes, geste s'apparentant à un salut nazi
Le banquet organisé en avril 2026 par le Canon français à Caen a fait grand bruit. Dans l’extrait de l’enquête diffusée dans le journal de France Inter et sur les réseaux sociaux de la chaîne, des participants évoquent le cochon qui “fait fuir", estiment qu’”ici, il y a nous, puis il y a les animaux", et l'un d'eux appelle ouvertement à "sortir les flingues". Pendant la Marseillaise, plusieurs bras se tendent, dont l'un à deux reprises, dans un geste s'apparentant fortement à un salut nazi.
"Qui n’a pas parmi les siens un grand-père ou une grand-mère aux origines mêlées ?"
Dans cette pétition, l'histoire tient sa part : "Notre ville, terre d’accueil et de passage pluriséculaire, est un creuset culturel au carrefour des peuples, une terre d’immigration et d’émigration, qui a connu un brassage continu au fil de son histoire. Des Gaulois aux peuples de l’Ebre et de Catalogne ou aux Volques Tectosages de Bohème arrivés bien avant les Romains, des Maures aux migrations plus récentes de travailleurs Espagnols, Italiens et des pays du Maghreb, qui n’a pas parmi les siens un grand-père ou une grand-mère aux origines mêlées ?".
"Carcassonne n'appartient à personne"
Et de poursuivre : "Ces débordements (référence notamment au banquet à Caen, ndlr) doivent être dénoncés, Carcassonne n'appartient à personne et ne doit pas servir un agenda politique. Mr le Maire Christophe Barthès, qui s'était engagé à être le maire de "tous les Carcassonnais" ne devrait pas encourager une manifestation à connotation partisane susceptible d'exclure ou d'encourager des comportement excluant une partie des Carcassonnais. Carcassonne est une, de ses écoles à ses équipes sportives : plurielle et indivisible". La pétition réclame l'annulation de la tenue de l'évènement dans la commune.


