Un signe distinctif permettait d'identifier un groupe d'une vingtaine d'identitaires : un petit foulard blanc. Au lendemain du 24 octobre, le maire de Montpellier a sonné l'alerte : "Une milice d’extrême droite a fait usage de la violence contre des manifestants hier dans les rues de Montpellier", lequel "condamne ces agissements avec force et demande à ce que la justice enquête et interpelle les auteurs". À ce titre, Michael Delafosse a annoncé saisir le procureur de la République. Le sénateur PS de l'Hérault, Hussein Bourgi, s'interroge quant à l'identité des individus incriminés : "Cette apparente proximité entre ces personnes en civil et les forces de l’ordre mérite une clarification de la part de la préfecture de l’Hérault dans les meilleurs délais". Le parlementaire poursuit à l'attention de la représentante de l'État : « Avez-vous prévu de diligenter une enquête ? De déclencher un article 40 auprès du procureur de la République de Montpellier ? S’il s’agit de policiers en civil, avez-vous prévu de saisir l’IGPN ? ».
"Cette apparente proximité entre ces personnes en civil et les forces de l’ordre mérite une clarification de la part de la préfecture de l’Hérault"
En commentaire d'une publication du maire-président sur Facebook, une internaute livre sa lecture des faits : "Les CRS ont laissé faire. C'est aussi de ce côté là que l’enquête est à mener. Que la DIPN 34 s’explique !" . Car c'est bien là que le bât blesse, plusieurs scènes devenues virales sur les réseaux sociaux suscitent des interrogations. Dans les vidéos amateurs diffusées sur X, ces individus d'extrême droite semblent agir en toute impunité, sous le regard des policiers. Mais qui sont ces hommes ? Ont-ils répondu à l'appel lancé par Charlie.D, un Montpelliérain qui épouse volontiers les thèses de l'extrême droite, à l'origine du site internet Alpha Rise, où sont recensés des groupes Telegram dans 66 villes de France, dont Montpellier, pour un projet d'"Entraide citoyenne". L'objectif : "aucun commerçant seul derrière sa vitrine", suite aux pillages du 17 octobre.
Le constat est sans appel : une vingtaine d'hommes sont allés au contact des manifestants et se sont livrés à des violences, en marge de la manifestation (illégale) de samedi 24 octobre 2026 à Montpellier. Selon nos confrères du Poing, des militants identitaires de Jeunes d’Oc étaient présents ainsi que d'autres ayant répondu à l'appel de l'influenceur Alpha Rise. Les vidéos troublantes ont fait le tour du web jusqu'à interpeller des députés de l'Assemblée nationale qui réclament des comptes au ministre de l'Intérieur. Lequel a bien confirmé la présence de "militants de l'ultradroite", dans plusieurs villes de Frances, dont Montpellier. Une scène filmée de manière amatrice est pour le moins inquiétante. On y voit un manifestant se faire frapper au sol par les membres de ce groupe d'identitaires, aux abords de l'office de tourisme de Montpellier, sous le regard des CRS qui n'adoptent aucune action durant quelques secondes. Les CRS extraient ensuite le manifestant en le traînant au sol. À la suite de quoi, les membres du groupe identitaire quittent le lieu sans être interpellés. La scène est à retrouver ci-dessous, filmée sous deux angles différents :
Sur une autre séquence vidéo également virale sur X, un cordon de CRS fait face aux manifestants, rue de la Loge à Montpellier. Au milieu, les mêmes individus cités plus haut, munis d'un foulard blanc dans la poche, agressent des manifestants, toujours sous le regard des CRS impassibles durant quelques minutes. Les manifestants rendent alors les coups. C'est à ce moment précis que les CRS entament une charge en direction des manifestants. Suite à cette charge, les CRS se replient, les identitaires se placent automatiquement derrière les policiers nationaux. Vidéo ci-dessous :
Dans un communiqué en date du dimanche 25 octobre, la préfète indique en effet que "plusieurs vidéos de groupe de militants s'affrontant lors de la manifestation du 24 octobre 2026 circulent sur les réseaux sociaux". Elle livre sa lecture des faits : "Les forces de l'ordre sont intervenues à plusieurs reprises pour disperser ces groupes et éviter les affrontements", sans aucunement mentionner de groupuscule d'extrême droite. La préfète dit avoir saisi le procureur de la République "aux fins de solliciter son examen des suites judiciaires éventuelles sur la notion de groupes constitués en vue de commettre des violences ou dirigées contre certains de ces individus, en cas de violences caractérisées aux personnes".


