Il y a quelques jours naissait le nouveau groupe municipal « Nîmes Avenir », porté par le candidat aux municipales à Nîmes, Julien Plantier, sur fond de rivalité qui ne dit pas son nom avec Franck Proust, président de Nîmes Métropole. Peu après, le maire de Nîmes, qui ne se présente pas à sa succession, enlevait les commandes du groupe majoritaire au conseil de Julien Plantier, pour les remettre à Franck Proust. Jean-Paul Fournier, dans une lettre ouverte, exprime avoir vécu cette scission comme un « casus belli ». Conséquence : des élus de ce groupe nouvellement formé n’auront plus de délégation (officiellement le 5 avril prochain en conseil municipal). Dolorès Orlay-Moureau, qui fut adjointe à la Santé durant 5 ans, laisse vivre son amertume et dévoile les coulisses de cette guerre démocratique locale.
« On m’a retiré ma délégation, mais pas ma liberté »
« On m’a retiré ma délégation, mais pas ma liberté », entame-t-elle dans une publication sur Facebook. Dolorès Orlay-Moureau a été convoquée dans le bureau du maire, Jean-Paul Fournier, comme presque tous les élus de ce groupe qui se définit comme étant dans la majorité. « Après quelques propos introductifs, il m’a posé un ultimatum : renier mes convictions ou perdre ma délégation. J’ai choisi l’honneur, la parole donnée, le respect des engagements. J’ai choisi le prix de ma liberté« , confie celle qui est directrice de services médico-sociaux de profession.
« Il m’a posé un ultimatum »
Tout en remerciant le maire pour les « 5 ans passés à ses côtés », Dolores Orlay-Moureau a « tenté de lui expliquer la différence entre démocratie et trahison ». La même de regretter : « je ne l’ai pas convaincu. J’ai été attristée pour lui de cette situation car il aurait pu finir ce mandat autrement. Mon appartenance au groupe Nîmes Avenir n’étant ni un crime, ni un attentat, ni une trahison, ni une lubie « d’enfants gâtés ». Rapport à la déclaration du maire qui a vécu ce groupe comme un « casus belli ».
« Gâtée, je ne l’étais pas depuis 5 ans »
Dolores Orlay Moureau regrette les termes employés par le maire : « Car « gâtée » je ne l’étais pas depuis 5 ans. Sauf à considérer qu’une indemnité de 2000 euros mensuelle pour un travail acharné, quelques places de concert ou de feria qu’il fallait mendier, dont je faisais profiter ceux qui me critiquent aujourd’hui, et 1 bureau en mairie étaient un privilège absolu qui méritaient une soumission absolue« .
« Un nouveau souffle »
La future ancienne adjointe poursuit : « je suis loyale mais pas soumise. Et comme un enfant, « on ne me fait pas manger ». J’ai un travail pour cela. Non, j’ai fait le choix de changement de pratiques, d’un souffle nouveau, une envie de contribuer à un projet enthousiasmant pour tous les Nîmois. Si c’est un crime, j’accepte la sentence et l’assume entièrement« .
« Je reste conseillère municipale »
La même de conclure : « Mr le maire m’a dit qu’il me couperait la tête avec mes camarades. C’est fait. Il me reste cependant mes mains pour écrire, mes jambes pour aller à votre rencontre et mon amour pour cette ville et ses habitants qui ne s’éteindra jamais. Je reste conseillère municipale, membre de Nîmes Avenir, fidèle à mes valeurs et aux Nîmois. »