Hérault : discriminations, SOS Racisme porte plainte

lundi 17 août • 09:57
Notamment pour un cas à La Grande Motte.

Quelques jours après avoir rendu publics les résultats de sa campagne nationale de testings consacrée aux discriminations dans l'accès aux plages privées et aux établissements de nuit, SOS Racisme annonce avoir déposé huit plaintes pénales auprès des procureurs de la République territorialement compétents. Elles ont été adressées au procureur de la République de Nice (5 plaintes), au procureur de la République de Montpellier (2 plaintes) et au procureur de la République de Marseille (1 plainte).

Huit plaintes pénales

Les plaintes concernent plusieurs formes de discrimination constatées lors des opérations de testing du 24 au 26 juillet. Selon SOS Racisme, à la Grande-Motte, un groupe perçu comme arabe s'est vu refuser des transats situés en première ligne au motif qu'ils n'étaient plus disponibles. Quelques minutes plus tard, ces mêmes transats étaient proposés à un groupe perçu comme blanc.

Montpellier, La Grande Motte, Marseille, Nice, Antibes

À Montpellier, dans un établissement de nuit, un groupe perçu comme noir s'est vu refuser l'entrée au motif que l'établissement était complet. Quelques minutes plus tard, des groupes perçus comme arabe puis blanc ont pourtant été admis. À Marseille, deux groupes perçus comme noir et arabe se sont vu refuser l'accès à un établissement de nuit, tandis que le groupe perçu comme blanc était admis quelques instants plus tard. À Antibes, plusieurs discriminations ont été constatées dans des plages privées : refus d'accès à des transats, placement défavorable ou conditions d'accès différentes.

Enfin, à Nice, les opérations ont mis en évidence un système de tarification différenciée dans un établissement de nuit : un groupe perçu comme noir s'est vu annoncer qu'il devait réserver une table à 200 euros pour entrer, tandis que le groupe perçu comme blanc a été admis en s'acquittant uniquement du droit d'entrée habituellement pratiqué.

Dans un communiqué, l'association s'inquiète : "Ces plaintes interviennent dans un contexte où les discriminations demeurent très insuffisamment sanctionnées. Dans son rapport 2025 sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie, la CNCDH rappelle qu'il n'y a eu que huit condamnations pour discrimination en 2024. SOS Racisme constate également que plusieurs plaintes fondées sur des opérations de testing pourtant étayées par des vidéos, des témoignages concordants et d'autres éléments matériels ont, ces dernières années, fait l'objet de classements sans suite. L'association attend désormais que les enquêtes permettent d'établir les responsabilités pénales et que les faits dénoncés donnent lieu à une réponse judiciaire à la hauteur de leur gravité".

Linda Mansouri/InfOccitanie.