Castelnau-le-Lez : « tags antisémites », la qualification fait débat entre le maire et son opposant

mardi 28 avril • 09:34
Julien Miro, maire de Castelnau-le-Lez, porte plainte suite à des "tags racistes, antisémites et haineux" apparus dans la commune. Son opposant Richard Corvaisier appelle à la prudence et livre une autre grille de lecture.

« La République ne pliera pas ». À Castelnau-le-Lez (Hérault), la municipalité dénonce pour la troisième fois en une semaine la découverte de « tags racistes, antisémites et haineux » apparus dans la commune. Mardi 21 avril, un nouveau message inscrit à la bombe aérosol a été découvert sur un mur du quartier Sablassou. Le tag indique : « Stop Génocide Gaza – Liban – Fuck Israël », recouvrant presque entièrement la surface du mur.

« La République doit être implacable »

Pour la municipalité, il ne s’agit pas d’une simple dégradation mais d’une « attaque ». Le maire Julien Miro dit avoir déposé plainte auprès de la gendarmerie, avant de saisir la préfète de l’Hérault. L’édile condamne fermement ces actes et appelle à une réponse institutionnelle exemplaire. « L’antisémitisme, le racisme et la haine ne sont pas des dérives. Ce sont des choix. Et face à ce choix, la République doit être implacable », expose-t-il.   

Julien Miro porte plainte

L’élu municipal d’opposition Richard Corvaisier, candidat aux municipales, ne livre pas la même lecture. Il en appelle à la prudence quant à la terminologie et alerte sur un risque d’instrumentalisation. « Je rappelle que si les dégradations de l’espace public sont condamnables, il n’est pas acceptable d’en déformer le contenu pour en instrumentaliser le sens », juge l’intéressé. Les inscriptions mentionnées ‘Stop Génocide Gaza – Liban – Fuck Israël’ « n’évoquent aucune religion », clarifie Richard Corvaisier, « elles relèvent d’une expression contestable dans la forme, mais qui ne constitue pas une expression antisémite ni raciste ».

« La lutte contre l’antisémitisme est instrumentalisée par certains responsables politiques »

Richard Corvaisier argumente : « Il existe déjà bien trop d’actes racistes et antisémites en France. Appliquer ces qualifications sans discernement est préoccupant, car cela contribue à brouiller leur sens et à affaiblir la lutte contre ces dérives bien réelles. Ce glissement opéré par le maire de Castelnau-le-Lez n’est pas neutre dans un contexte où la lutte contre l’antisémitisme est instrumentalisée par certains responsables politiques qui créent volontairement cette confusion pour empêcher toute critique du gouvernement d’extrême droite d’Israël. »

« Dans un État de droit, nul, pas même un maire, ne peut s’affranchir des limites fixées par la loi »

Un autre passage de la déclaration du maire a fait tiquer Richard Corvaisier. « Ceux qui écrivent la haine sur nos murs veulent tester nos limites. Ils doivent comprendre une chose : il n’y en a pas », clarifie Julien Miro suite à ces tags. Richard Corvaisier rétorque : « Ces propos appellent à la plus grande vigilance. Dans un État de droit, nul, pas même un maire, ne peut s’affranchir des limites fixées par la loi et les principes républicains. Une telle déclaration traduit un positionnement inquiétant. Je demande au maire de Castelnau-le-Lez de retrouver calme et lucidité et d’être un acteur d’apaisement dans notre commune ».

Linda Mansouri/InfOccitanie.