"Ras-le-bol d'un maire face au désengagement total de l'État", éructe le premier magistrat de la commune de Méze, environ 13 000 habitants, à quelques encablures de Sète dans l'Hérault. Depuis maintenant trois semaines, la ville accueille sur l'aire de grand passage un groupe de "gens du voyage" qui, selon l'édile, "ne respecte rien, ni les viticulteurs, ni le voisinage. Déjections, papier toilette dans les vignes… Une situation devenue inacceptable".
Un groupe qui "ne respecte rien"
La Ville de Mèze dit avoir rempli sa part du contrat en ayant respecté ses obligations d'aménagement d'une aire de grand passage, conformément au schéma départemental élaboré conjointement par le préfet et le président du Conseil départemental (loi Besson du 5 juillet 2000), obligation incombant aux villes de plus de 5 000 habitants. En contrepartie, l'une des règles à respecter outre la propreté du lieu : la durée maximale de séjour est de 15 jours. "Pourtant, après avoir refusé de quitter les lieux dimanche dernier, ce groupe annonce aujourd'hui qu'il refuse également de partir ce dimanche (2 août, ndlr) portant son séjour à un mois", s'étrangle le maire.
"Les élus locaux sont laissés seuls"
La semaine dernière, Thierry Baëza dit avoir alerté les représentants de l'État, sans réponse. "Les élus locaux assument leurs responsabilités. Ils attendent que l'État assume les siennes. Notre République ne peut pas fonctionner lorsque les règles ne sont plus appliquées et les élus locaux sont laissés seuls face aux problèmes", pointe-t-il du doigt.
Quel cadre juridique ?
Xavier Albertini, député Horizons, co-rapporteur du projet de loi RIPOST (Réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens), définitivement adopté par le Parlement en juillet 2026, regrette quant à lui que le cadre juridique de la loi Besson ne tienne plus compte des évolutions des comportements, ni de la diversité des situations que recouvre aujourd'hui l'appellation "gens du voyage".


