Addictions France tire la sonnette d’alarme. Cet été, l’association a mené une campagne d’achats-tests à Montpellier afin d’évaluer le respect de l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs. Sur les 33 établissements testés, 26 ont vendu de l’alcool à des clients mystères mineurs, soit un taux de vente illégale de 79 %, rapporte l’association.
En détail, sur les 12 bars et cafés testés, 11 ont vendu de l’alcool à un mineur, soit 92 %. Sept épiceries sur huit contrôlées sont également concernées par cette infraction, soit 88 %. Enfin, 8 grandes surfaces sur 13 ont laissé des jeunes de moins de 18 ans acheter de l’alcool.
Lors de cette campagne, l’association a relevé une vérification de l’âge quasiment inexistante lors de la vente d’alcool. « Sur les 7 refus de vente enregistrés (21 %), 6 reposent sur une simple appréciation à l’oral de l’âge du client. Un seul, dans un supermarché, s’appuie sur la présentation d’un justificatif d’identité, comme l’exige pourtant la réglementation », explique l’association.
Addictions France estime alors que « si les clients mystères avaient cherché à dissimuler leur âge réel, seul cet unique établissement aurait donc véritablement fait obstacle à la vente d’alcool. »
Une épicerie, tout en refusant de vendre de l’alcool à un client mystère, lui a suggéré de demander à un adulte dans la rue d’en acheter pour lui. « Un constat alarmant qui démontre que, pour certains, le chiffre d’affaires prime encore sur la protection des mineurs », déplore l’association.
L’association a également constaté que 64 % des établissements montpelliérains testés présentent une anomalie d’affichage, soit parce que le panneau est absent, soit parce qu’il n’est pas conforme aux exigences réglementaires. Pour rappel, la réglementation impose à tous les débits de boissons d’afficher de manière visible l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs.
Addictions France annonce envoyer un courrier aux débits de boissons ayant vendu de l’alcool à un mineur afin de rappeler les obligations légales applicables. Face aux résultats de cette campagne, la préfète Chantal Mauchet met en garde les 26 établissements ne respectant pas l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs. La préfète précise que « ces derniers seront particulièrement suivis au cours des prochaines semaines ».


