Installé à La Rouvière, entre Nîmes et Alès, Louis Maréchal traverse une année 2026 particulièrement difficile. Après avoir subi des attaques de loups causant la perte de 49 brebis, Louis a été durement touché par les inondations des 19 et 20 septembre : 72 agneaux et 6 brebis ont péri noyés, entraînant près de 16 000 € de pertes, auxquelles s'ajoutent 2 000 € de dégâts matériels.
72 agneaux et 6 brebis ont péri noyés
Comme si cela ne suffisait pas, un projet de hangar photovoltaïque, essentiel pour abriter le fourrage et le troupeau, a été interrompu suite au redressement judiciaire de l'entreprise chargée des travaux. Plus récemment, le générateur autonome acheté pour remplacer celui emporté par les eaux a été volé, représentant une perte supplémentaire de 1 000 €. Malgré ces épreuves, Louis continue de se battre pour son métier. Mais l'urgence financière est aujourd'hui réelle et menace la pérennité de son exploitation.
Louis lance un appel aux institutions, aux organisations agricoles et à toutes les personnes sensibles au monde rural afin qu'une aide puisse être apportée rapidement. Le berger a évidemment contacté son assurance concernant la noyade de ses bêtes, mais selon les termes de son contrat, le sinistre n'est pas pris en charge puisqu’il a eu lieu à l'extérieur d'un bâtiment. Derrière ces chiffres, c'est un jeune éleveur, un troupeau et un projet de vie qui sont en jeux.
Louis Maréchal lance un appel aux pouvoirs publics pour obtenir un classement en état de catastrophe naturelle et ainsi débloquer une indemnisation de l'Etat. Le maire de La Rouvière, Patrick de Gonzaga, travaille à la constitution d'un dossier à l'attention de la préfecture dans le cadre de cette reconnaissance. "Heureusement que la mairie est là, ils font un travail de fou", reconnait Louis. Lequel espère également bénéficier d'une dérogation dans le cadre de la PAC (Politique agricole commune). En effet, ces aides dépendent du "ratio de productivité", en d'autres termes, du nombre de brebis déclaré, de la production et des ventes. "Si 70 agneaux (les bêtes noyées, ndlr), ne sont pas comptabilisés dans les agneaux vendus, je peux me faire suspendre les aides Pac l'année prochaine", craint-il. Une situation qui ajouterait à ce noeud de difficultés.
Faire une cagnotte dédiée au grand public ? "Ce n'est pas aux gens de payer pour cette situation, mais aux responsables publics de prendre conscience de la détresse agricole et de leur mauvaise gestion", oppose Louis qui refuse catégoriquement d'en ouvrir une. Ce dernier pointe par ailleurs la lenteur pour obtenir son permis de construire et disposer d'un bâtiment : "J'ai mis un paquet d'années, c'est très compliqué, sans ces longues démarches, j'aurais déjà dû avoir mon bâtiment", et se prémunir ainsi de plusieurs catastrophes.


