Nîmes : une agression en marge de la manifestation samedi

lundi 02 novembre • 11:03
Un homme vêtu de noir a asséné un coup de poing à un manifestant samedi dernier, non loin des arènes. Un autre manifestant a tenté de s'interposer : "ils ont agressé un Maghrébin", dénonce-t-il dans les colonnes de Midi Libre.

Tout était au rendez-vous : le ciel bleu, une ambiance de franche camaraderie, des chants et des pancartes. Au départ des Jardins de la Fontaine samedi 31 octobre 2026, environ 3 000 manifestants débutent le cortège contre la vie chère sur un tracé préalablement autorisé par la préfecture. Une bâche géante est déroulée depuis le sommet des arènes avec pour inscription : "le peuple vaincra" et un groupe de musiciens fait vibrer ses instruments à hauteur de la préfecture en guise de fermeture.

"Je pensais au départ qu'il s'agissait de policiers, mais non. Ils ont agressé un Maghrébin"

Seulement voilà, un événement est venu troubler la fête revendicative. Aux alentours de 15h30, un manifestant a été violemment pris à partie par plusieurs hommes vêtus de noirs, selon les informations rapportées par Midi Libre. L'homme, prénommé Sébastien, est un mitant syndicaliste de Solidaires 30. Il avait tenté de s'interposer après avoir vu un homme se faire agresser par le groupe (vidéo en fin d'article). "Je voyais qu'il y avait des gars bizarres qui tournaient autour de la manifestation , témoigne-t-il dans les colonnes de Midi Libre. Je pensais au départ qu'il s'agissait de policiers, mais non. Ils ont agressé un Maghrébin, je me suis mis au milieu et ils m'ont agressé ensuite." Sébastien s'en est sorti avec une fracture au nez, il s'est par la suite rendu au CHU de Nîmes, précise le média local. Le militant s'est rendu dans la soirée au commissariat pour déposer une plainte, complète le média Le Poing. Selon ce dernier, aucun officier de police judiciaire n’était alors disponible pour l’enregistrer. Mais à l’accueil, il lui a été indiqué que son agresseur présumé avait été interpellé et auditionné.

Le nez fracturé

Sur les réseaux sociaux, la plateforme collaborative citoyenne Tajmaat, qui lutte contre le racisme, prend aussitôt le relais et lance un appel à témoins. Très vite, des images et vidéos affluent de manifestants présents à ce moment-là, afin de reconstituer la scène. Un homme vêtu d'une doudoune noire sans manches et portant une casquette noire est en effet aperçu marchant sur le côté du cortège, aux côtés d'un homme en t-shirt blanc. Une altercation éclate en bas du boulevard Victor Hugo, à quelques mètres des arènes, entre l'homme à la doudoune noire et quelques manifestants. L'homme à la doudoune s'avance alors vers un manifestant présenté comme maghrébin selon Sébastien et lui assène un coup de poing. La scène est filmée sous plusieurs angles par des témoins. Des questions émergent alors : quel est ce groupe d'une dizaine d'individus ? Appartient-il à la même mouvance ultra droite que celle du groupe avec brassards blancs observé à Montpellier le samedi 24 octobre 2026 ? Ont-ils répondu à l'appel de l'influenceur Alpha Rise, lequel épouse volontiers les thèses de l'extrême droite, afin d'assurer une mission de "protection" des commerçants ? Dans sa vidéo, Tajmaat évoque la possibilité que des commerçants aient fait appel à ce groupe d'individus. Notons qu'à ce jour, aucune preuve vient confirmer ces allégations.

Les syndicats dénoncent l'"intrusion" d'individus "d'extrême droite"

Dans un communiqué commun, Solidaires 30, les syndicats SUD, la FSU 30, la CGT Éduc’action 30-48, l’union locale CGT de Nîmes, la CNT 30 et VISA 30 dénoncent « l’intrusion » d’« individus d’extrême droite » dans le cortège et saluent la réactivité de leur service d’ordre, qui a permis à la manifestation de rejoindre la préfecture. Les organisations exigent que le gouvernement assure « la liberté de manifester ainsi que la sécurité des manifestants contre la violence de l’extrême droite ».

Linda Mansouri/InfOccitanie.