« Je ne cherche pas un bras de fer avec le Département. Je cherche une réponse », clarifie le maire divers droite de Sète, Hervé Marquès. Ce dernier dénonce le "manque de transparence" du Département de l’Hérault concernant la contribution financière de sa commune versée au Service départemental d’incendie et de secours (SDIS). En 2026, la Ville de Sète dit participer à son financement à hauteur de 4,9 millions d’euros, la plaçant ainsi en "premier contributeur du département rapporté au nombre d’habitants".
"4,9 millions d’euros" versés par Sète en 2026
La Ville de Sète demande des précisions sur les modalités de calcul de cette participation. Mais depuis près de deux ans, ses sollicitations seraient restées sans réponse, selon la collectivité, malgré plusieurs relances auprès du Département. « L’argent public exige de la transparence, et la transparence exige des réponses. Nous avons tendu la main au Département pour éviter le contentieux. Il ne l’a pas saisie », regrette Hervé Marquès.
Le différend entre dans le judiciaire
La Ville de Sète avait saisi le tribunal administratif, mais avait néanmoins « accepté le principe d’une médiation pour privilégier une issue amiable ». Une proposition que le Département aurait déclinée, selon la municipalité. Le différend entre désormais dans une phase judiciaire, informe le maire le 4 novembre dernier. « Quand on demande des explications sur plusieurs millions d’euros, le silence n’est pas une réponse », juge Hervé Marquès.
"On parle de l’argent des Sétois"
Vendredi 6 novembre 2026, le SDIS s'est fendu d'un communiqué avec quelques explications sur l'origine de cette contribution et les moyens consacrés à Sète. Ainsi apprend-on que la contribution de Sète trouve son origine dans les conditions de transfert de son corps communal de sapeurs-pompiers au corps départemental. La convention correspondante fait référence à la délibération du conseil municipal du 22 février 2001, approuvée à l’unanimité.
"Les moyens humains ont donc été considérablement renforcés par le SDIS lors des 25 dernières années"
Pour l’exercice 2001, cette convention fixait la contribution annuelle totale de la ville à 20 450 204,69 francs, selon le Département, un montant correspondant au coût de fonctionnement du service incendie communal pour la ville de Sète. A cette date 49 sapeurs-pompiers professionnels et 38 sapeurs-pompiers volontaires, soit un effectif total de 87 pompiers étaient transférés au corps départemental. Aujourd’hui, le centre de secours de Sète compte 72 sapeurs-pompiers professionnels et près de 100 volontaires, soit un effectif total de 172 pompiers. "Les moyens humains ont donc été considérablement renforcés par le SDIS lors des 25 dernières années", rappelle le Département présidé par Kleber Mesquida.
Une caserne neuve à Sète
Le Département déroule le fil : "Depuis la départementalisation, Sète a bénéficié d’une caserne neuve représentant un investissement de 9,4 millions d’euros, intégralement financé par le Département de l’Hérault". À cet investissement s’ajoutent les moyens consacrés aux véhicules et aux matériels, représentant un "investissement fort de 300 000 euros par an".
Au total, le SDIS dit consacrer 8,2 millions d’euros par an pour le centre de secours de Sète. La commune quant à elle contribue pour 2025 à hauteur de "4.8 millions d’euros" pour 2025, précise encore le Département. Ce montant est issu de l’augmentation linéaire de la contribution de 2001 "suivant le coût de la vie à l’instar de toutes les autres". Kléber Mesquida de clarifier : "Il est donc infondé de présenter cette évolution comme une mesure dirigée contre la ville. Pour 2027, l’augmentation de la contribution de Sète est de 3% comme toutes les autres communes et interco".
"Pour 2027, l’augmentation de la contribution de Sète est de 3% comme toutes les autres communes et interco"
Le 23 juin 2025, dans un courrier, le maire de Sète annonçait le désistement de la ville du recours dirigé contre le titre de recettes de 2025 et le règlement de sa contribution, expose le Département. Malgré les explications données par le directeur du SDIS lors d’une rencontre dans son bureau en juin 2025, "la commune a souhaité maintenir le recours sur les modalités de calcul des contributions", narre encore le Département. Le SDIS confirme ne pas avoir donné suite à la médiation proposée par le tribunal sur le recours relatif au calcul des contributions. Il entend "défendre devant la juridiction le bien-fondé des modalités appliquées conforme à la réglementation et délibérées au sein du conseil d’administration par les élus représentants les communes et EPCI du territoire".


