Vous faisiez partie de la majorité municipale de M. Rio. Vous avez quitté cette majorité en septembre 2024 et vous êtes aujourd’hui candidat aux municipales de 2026. Pourquoi ce choix ?
J’ai quitté la majorité municipale, comme d’autres élus, en septembre 2024, car il y avait des problèmes internes. J’ai choisi d’être libre. J’ai formé un nouveau groupe de huit personnes et nous avons continué à siéger au conseil municipal. Nous avions été élus en 2020 et nous avons voulu aller jusqu’au bout. J’ai voté avec le groupe à 95 % des délibérations. Nous avons été une opposition constructive. De la majorité, nous avons basculé dans l’opposition. Saint-Jean-de-Védas me tient à cœur. J’ai toujours été investi dans la vie locale. J’étais aux côtés de François Rio et, en 2014, nous étions sur la liste de Jacques Atlan. Comme j’aime beaucoup Saint-Jean-de-Védas, j’ai à cœur de continuer cet engagement.
Quel est votre positionnement politique ?
Je n’ai jamais été affilié à un parti. J’ai toujours été libre. C’est ce que je demande à mes colistiers. Je ne veux pas savoir leur parti. Il y en a certainement de tous les côtés, de tous les sens, de tous bords. Je ne sais pas. Ce que je veux, ce sont des Védasiennes et des Védasiens intéressés par la vie locale.
En tant qu’ancien membre de la majorité, quels sont selon vous les principaux problèmes à traiter pour les habitants ?
J’étais adjoint à la sécurité. Nous avions déjà mis en place une augmentation des effectifs de la police municipale. Nous avons commencé à recruter, mais il est nécessaire d’embaucher encore. J’ai mis en place l’extension de la vidéoprotection avec un projet de 19 caméras supplémentaires. Il y avait également des problèmes de circulation que nous avions fléchés et qu’il faudra traiter, notamment avec l’arrivée du COM.
Justement, quelle est votre position concernant le COM ?
Le COM est aujourd’hui un projet d’utilité publique. Être opposé à ce projet ne serait pas pertinent, puisqu’il va de toute façon se faire. Je préfère être en relation avec Vinci, l’État et la Métropole afin de limiter au maximum les nuisances pour les Védasiennes et les Védasiens. Le COM aura comme vertu de désengorger le centre du village. Cet axe existe déjà, de Juvignac vers l’A709 au niveau de Carrefour, mais il est bloqué et saturé. Donc, trop de voitures passent aujourd’hui près des écoles, des commerces et des résidences. Avec le COM, je souhaite que les véhicules restent sur l’axe principal, qui sera aménagé avec des sorties, des entrées et des voies de délestage.
La sécurité est un axe fort de votre projet. Quelles mesures prévoyez-vous ?
Je prévois un aménagement et un agrandissement du centre de supervision urbain afin que les agents puissent travailler dans de meilleures conditions et pour disposer d’un opérateur dédié derrière les caméras, ce qui n’était pas le cas jusqu’à il y a quelques semaines. Concernant les effectifs, je vais les augmenter pour avoir davantage d’agents sur le terrain. Je veux une police de proximité, proche des Védasiennes et des Védasiens, pour la tranquillité publique de tous, avec une amplitude horaire plus large.
Vous avez parlé de la circulation. Qu’en est-il des transports en commun ?
Nous avons la chance d’avoir deux lignes de tramway. L’une est bien placée en centre-ville, l’autre est plus excentrée. Il faudra créer une piste piétonne et cyclable pour relier le village au terminus des Grés de Montpellier. En raison du COM, la ligne 2 sera coupée pendant un an. J’ai rencontré Salvador Nuñez [directeur opérationnel du Contournement Ouest de Montpellier, ndlr], qui m’a confirmé cette coupure, ainsi que la prise en charge par Vinci des navettes mises en place. D’où l’importance d’avoir de bonnes relations avec Vinci et la Métropole afin de travailler sur l’impact pour les Védasiennes et les utilisateurs du tramway.
Avez-vous des propositions concernant les mobilités douces ?
Une piste douce devait être aménagée sur l’ancienne voie ferrée. Elle n’a pas été réalisée. Nous demanderons à la Métropole de la mettre en place et nous ferons en sorte qu’elle relie Montpellier à Fabrègues.
Quelle place doit occuper Saint-Jean-de-Védas au sein de la Métropole ?
Nous devons rendre à Saint-Jean-de-Védas la place qu’elle mérite au sein de la Métropole. Aujourd’hui, les rapports politiques ont été rompus avec la Métropole. Il faudra que le maire soit en relation avec le président de la Métropole. Cela passera par des réunions, des rencontres et des échanges. Je souhaite aussi travailler avec les maires de l’ouest, comme Fabrègues, Lavérune, Saussan car nous avons des problématiques communes. Il faut travailler ensemble pour faire avancer la Métropole sur certains sujets.
Le logement est également un enjeu important. Quelles sont vos propositions ?
L’urbanisation de Saint-Jean-de-Védas a été importante ces dernières années. Nous souhaitons garder une maîtrise raisonnable de cette extension. Ce que je souhaite, c’est créer des logements intergénérationnels entre étudiants et personnes plus âgées, et mettre en place le bail réel solidaire afin de favoriser l’accession à la propriété à un prix modéré. Il faut permettre aux jeunes Védasiennes, aux jeunes Védasiens et aux jeunes couples de rester sur la commune.
Un mot sur l’éducation ?
Il y aura des diagnostics des bâtiments publics et des rénovations afin d’éviter les déperditions d’énergie en hiver et la surchauffe en été. Nous avons déjà voté pour la création de salles refuges climatisées dans les écoles. C’est acté. Nous porterons une attention particulière aux questions de chauffage et de climatisation, qui vont devenir essentielles.
Quelles mesures portez-vous à destination des quartiers de Saint-Jean-de-Védas ?
Nous devons investir le quartier de Roquefraisse avec la création d’un gymnase et d’une maison des associations. Les habitants de ce quartier doivent faire pleinement partie de la vie locale, tout en conservant l’identité de Saint-Jean-de-Védas. Nous voulons aussi inciter et accompagner les associations à investir ce quartier. Sur l’ensemble du territoire, nous mettrons en place des réunions de quartier avec des référents élus et citoyens. Il faut de la transversalité entre la municipalité et les Védasiennes et les Védasiens, de l’échange, de l’écoute et des réponses.
La question de l’accès aux soins est sensible. Avez-vous des mesures pour attirer des médecins ?
Nous travaillons avec un collectif qui souhaite créer une maison de santé pluridisciplinaire. Nous les accompagnerons et les soutiendrons dans cette démarche. Lorsque nous arriverons aux affaires, notre première action sera d’aménager un bâtiment municipal pour accueillir rapidement trois médecins généralistes. Cela pourra se faire dans les six mois suivant l’investiture. Ces médecins bénéficieront chacun d’un cabinet à loyer modéré. Sur le long terme, nous soutiendrons le projet de maison de santé pluridisciplinaire.
Quelles actions envisagez-vous pour le sport ?
Le sport est un vecteur important, notamment pour la jeunesse et les adultes. Nous voulons créer une fête des sports, soutenir la création de terrains de padel, car nous sommes en retard aujourd’hui, et mettre en place un parcours de santé. Il y a également le projet de halle aux sports, déjà évoqué, pour accueillir les associations existantes.
Vous avez fait partie de la majorité. Ne craignez-vous pas que cela suscite de la méfiance chez certains électeurs ?
Peut-être. Mais, j’ai été loyal et fidèle envers François Rio jusqu’au 10 septembre 2024. Je l’ai quitté en lui exposant les tenants et les aboutissants de mon départ. Je ne regrette pas cette décision. Nous avons continué à œuvrer au sein du conseil municipal en votant près de 95 % des délibérations qui étaient correctes et conformes à notre projet et à l’engagement que nous avions pris. J’ai une grande connaissance de Saint-Jean-de-Védas, notamment avec l’expérience de ces quelques années de mandat durant lesquelles j’ai appris ce qu’il ne faut pas faire et ne pas reproduire. Je reste à la disposition de chacun pour expliquer la situation.
En cas de second tour, des alliances sont-elles envisageables ?
Je suis ouvert au dialogue et aux échanges, c’est ma philosophie. En revanche, je ne suis pas prêt à tout accepter. Je reste droit, j’ai des valeurs, j’ai une âme et je ne la vendrai à aucun prix.
Quels sont vos prochains rendez-vous ?
Nous allons prochainement déambuler dans le village, sur quatre secteurs, Saint-Jean-le-Sec, le centre, Roquefraisse et Terral, afin que les citoyens puissent venir à notre rencontre et échanger. Une réunion publique sera également organisée d’ici un mois.