InfOccitanie : Vous avez récemment publié une vidéo aux allures de campagne électorale. On vous voit prendre un café avec les Montpelliérains, faire vos courses aux halles, vous balader à la Mosson, faire de la boxe… Les prémices d’une candidature en mars ?
Philippe Saurel : Je dis dans cette vidéo ma passion pour Montpellier. J’aime la politique lorsqu’elle interroge, qu’elle permet de faire avancer les choses. Je suis soignant (dentiste, ndlr), je m’occupe des gens avant tout, je donne la priorité aux citoyens. Je connais les Montpelliérains, ils m’invitent à la maison, je fais partie de leur famille. Par ailleurs, certains souhaitent m’enfermer dans une catégorie, or je suis libre.
InfOccitanie : Vous êtes tout de même chef de file UTILES localement (Ultra-marins, Territoires, Indépendants, Liberté, Écologie et Solidarité), un courant plutôt positionné centre, centre droit…
Philippe Saurel : Vous savez, il y a des hamonistes, des communistes, des socialistes, il y a un peu de tout chez UTILES. Ce n’est pas un parti, mais un mouvement, un laboratoire d’idées au service du national. A l’Assemblée, les députés UTILES sont libres, ils n’ont pas de consignes de vote et ne sont pas d’accord sur tout. C’est la prolongation d’une liste citoyenne, basée sur les territoires.
InfOccitanie : Le compte Facebook Leana Attika, commentateur assidu de la vie politique locale, ne tarit pas d’éloges sur vous… Savez-vous qui est derrière ?
Philippe Saurel : Non, je ne les suis pas sur les réseaux sociaux. Je ne connais pas la personne derrière. Par ailleurs, Leana Attika n’a pas toujours été tendre avec moi, certaines publications étaient à charge il y a quelques années. Vous savez, les socialistes quand ils étaient dans l’opposition avaient également des influenceurs qui me chargeaient très régulièrement. Evidemment, quand on dit que mon travail a été au rendez-vous, cela me fait plaisir, en revanche quand on me tape dessus injustement, je le fais savoir.
InfOccitanie : Vous avez alerté par courrier à plusieurs reprises le préfet sur la situation financière « catastrophe de la Ville et de la Métropole », sans jamais avoir de réponses. Comment l’expliquez-vous ?
Philippe Saurel : Je dis simplement que de manière générale, il faut empêcher aux préfets de faire de la politique. Ils doivent rester les grands commis de l’Etat, pour servir les citoyens sur les affaires locales. J’insiste là-dessus d’ailleurs dans mon livre ‘Réparer la république’. J’ai le même raisonnement pour les présidents du Conseil d’Etat, du Conseil constitutionnel, etc.
InfOccitanie : Comment qualifiez-vous le bilan de Michaël Delafosse, maire-président de Montpellier ?
Philippe Saurel : La situation est assez simple, un emprunt de 3 milliards d’euros à taux variable a été annoncé dans la presse, non démenti depuis par le maire. Nous avions, avec ma majorité, laissé environ 700 millions d’euros dans les caisses, notamment pour les projets liés au tramway. Il y a un trou béant de 1,2 milliard d’euros aujourd’hui, sans compter l’emprunt. Où est passé l’argent ? Ce sont toujours les Montpelliérains qui paient à la fin…
InfOccitanie : Gratuité du tramway, la « fausse bonne idée » du maire selon vous ?
Philippe Saurel : Nous avions dans notre programme prévu la gratuité pour les jeunes jusqu’à 26 ans, cela recouvrait à la fois les étudiants, et ceux qui sont en formation à la mission locale d’insertion jusqu’à 26 ans, les seniors, et entre les deux, des tarifs sociaux en fonction des revenus. C’est exactement ce qu’a proposé la Cour des comptes qui épouse mon diagnostic.
InfOccitanie : Le maire dit avoir rattrapé le retard pris sous votre majorité et avoir fait « deux mandats en un seul », notamment concernant les tramways. Que lui répondez-vous ?
Philippe Saurel : La DUP de la ligne 5, ils l’ont reçue en 2021, ils ne pouvaient pas la commencer plus tôt. Nous avons fait un gros travail de renégociation avec les Montpelliérains sur l’Ouest de la ville pour desservir les quartiers, aucun recours n’a été déposé. Notre majorité a construit la base, travaillé sur les dossiers. La DUP de l’extension de la ligne 1, ils l’ont eue en 2020. On ne peut pas faire une ligne de tram sans cette Déclaration d’utilité publique qui permet les expropriations, etc. De manière globale, la liste est longue des projets qui entrainent de la récupération de la part de l’exécutif.
InfOccitanie : Le temps avance, les campagnes se bousculent. Capitalisez-vous sur votre notoriété, justifiant ainsi une candidature tardive ?
Philippe Saurel : Je ne fais pas de tactique, je ne joue pas. Je suis allé en Grèce, Algérie, Espagne, Maroc, Italie, Rome, j’avais besoin de réponses. J’ai ressenti ce que je devais ressentir dans cette grande civilisation méditerranéenne. Je suis sur la voie, mais je n’ai encore rien décidé.
InfOccitanie : Les récents sondages vous placent en bonne position (3e avec 13% sondage IFOP), alors même que vous n’êtes pas candidat. Cela flatte-t-il votre égo ?
Philippe Saurel : Non, mais on peut considérer que le travail réalisé avec ma majorité est reconnu et apprécié. Frédéric Dabi, directeur de l’IFOP, écrit d’ailleurs « Saurel, la surprise » dans son analyse de sondage. Oui cela me fait plaisir.
InfOccitanie : Quel regard portez-vous sur la coalition derrière M.Delafosse : PCF, PS, PRG, Parti animaliste, Place publique… Une reconnaissance de sa politique ou des appareils ?
Philippe Saurel : C’est classique avec le PS, c’est de la cuisine entre partis. Place publique est un allié du PS. Ce sont des arrangements. Voilà tout l’inverse des listes citoyennes.
InfOccitanie : Mohed Altrad a annoncé hier sa candidature aux municipales en mars. A-t-il ses chances selon vous ?
Philippe Saurel : Il m’en avait déjà parlé, je respecte tous les candidats, j’ai des relations courtoises avec lui. Il a dans son équipe des élus macronistes et de l’équipe d’Edouard Philippe. Il rassemble donc le bloc central du gouvernement.
InfOccitanie : Vous avez des points communs avec Nathalie Oziol, députée LFI : vous souhaitez une 6e République. Elle est donnée challenger dans les sondages, une menace pour le maire ?
Philippe Saurel : Elle reste dans son couloir, LFI draine un certain mécontentement. Je ne parlerai pas de menace. Oui en effet, je partage certains axes comme la 6e République ou la citoyenneté. Le tirage au sort du conseil citoyen, ils en parlent, moi je l’ai fait. Nous avions tiré au sort au complet les citoyens dans les conseils de quartiers et conseils citoyens. Aucun n’était nommé par la Ville.