C’est peu dire que les Socialistes de la majorité et les Insoumis ne partiront pas en vacances ensemble. Le premier conseil municipal de Montpellier du mandat ce mercredi 8 avril a cristallisé les divergences sur bien des sujets. À l’ordre du jour notamment : les orientations budgétaires, le règlement intérieur de l’assemblée ou les indemnités des élus. Ce dernier point a suscité quelques passes d’armes entre opposition et majorité. En préambule, le maire Michaël Delafosse (Demain Montpellier) rappelle la majoration au titre de la qualité de chef-lieu que revêt Montpellier, majoration appliquée durant le mandat précédent. « Nous renonçons à la majoration au titre de station touristique », précise toutefois le premier magistrat. Après majoration de 25% donc, les indemnités brutes des élus votées ce jour sont les suivantes : 3.493€ mensuels pour le maire, 2.529€ pour les 26 adjoints, 1.465€ pour les 26 conseillers délégués, 308€ pour les 16 conseillers municipaux.
« Vous oubliez le cumul des fonctions et des indemnités »
Alenka Doulain (groupe Faire mieux pour Montpellier, porté par l’insoumise Nathalie Oziol), saisit le micro et rappelle à l’attention du maire : « Vous oubliez le cumul des fonctions et donc des indemnités, qui va porter votre rémunération à environ 8500€, incluant environ 5500€ du côté de la Métropole ». La conseillère d’opposition, dont le groupe votera contre cette délibération, invoque les chiffres de l’Observatoire des inégalités et constate : « Vos indemnités vous placeront parmi les 1% les plus riches de notre territoire », nourrissant selon elle une forme de « déconnexion » avec les réalités vécues par la majorité des Montpelliérains, creusant de fait la « défiance » de la population vis-à-vis des politiques. Même son de cloche du côté de Salim Jawhari (groupe Montpellier notre fierté, colistier de Mohed Altrad durant la campagne), qui prône une « baisse symbolique des indemnités », eu égard aux efforts demandés aux citoyens et à la baisse des frais de fonctionnement, « on ne peut pas être à géométrie variable ».
« A Nîmes, les adjoints au maire perçoivent 339€ de plus par rapport aux adjoints de Montpellier »
Manu Raynaud (Demain Montpellier, adjoint du maire), dénonce une forme de « démagogie », alors même qu’en France, « il y a un problème avec l’argent ». Ce dernier insiste, cette manne vient indemniser les élus afin de se « consacrer aux affaires communes, d’être présent sur le terrain le soir, les week-ends, y compris sur leur vie personnelle, de participer aux multiples organismes : instances, commissions, groupes de travail, comités de pilotage… ». Manu Reynaud jette un coup d’oeil de l’autre côté du Vidourle : « A Nîmes, les adjoints au maire perçoivent 339€ de plus par rapport aux adjoints de Montpellier, nous sommes dans la même strate, c’est un choix ». L’intéressé ne manque pas de mentionner Mohed Altrad et la campagne municipale, rappelant que ce dernier avait proposé de renoncer à ses indemnités s’il était élu, fustigeant une forme de populisme. « Je vous demande simplement d’appliquer un rappel à l’ordre, c’est votre rôle », insiste vigoureusement Salim Jawhari à l’attention du maire, appelant à se recentrer sur le sujet du jour et non la campagne municipale passée.
Les indemnités de Nathalie Oziol rappelées par le maire
Le maire y va également de sa missive à l’encontre de la député insoumise : « Je rendrai publiques mes feuilles (indemnités perçues, ndlr) à la Métropole et à la Ville. Attention au procès en géométrie variable. (…) Les indemnités parlementaires de la députée Nathalie Oziol sont de 5.200€, plus 320€ en tant que conseillère municipale d’opposition, plus 1.100€ en tant que conseillère à la Métropole. (…) Je suis pour que nos parlementaires aient les moyens d’assumer leur mandat avec l’engagement que cela représente ». A l’attention de Salim Jawhari, qui a voté contre cette délibération, le maire rappelle : « Vous avez le droit de voter contre, je ne me permets pas de juger. Mais je le dis, la tête de liste qui vous a conduit ici a dit renoncer à ses indemnités (Mohed Altrad, ndlr), elle, mais pas vous, et c’est de droit, parce qu’elles permettent d’assumer matériellement l’exercice démocratique ».