Le festival ‘Jazz à Vauvert’, porté par l’association Jazz à Junas, a été annulé par le maire RN de Vauvert, Nicolas Meizonnet. L’association s’est fendue d’un communiqué condamnant fermement cette décision qualifiée de « décision brutale » et d’« attaque contre la liberté de créer », informant par ailleurs que la ville de Vergèze allait finalement accueillir l’évènement. Dimanche 19 avril, Nicolas Meizonnet, qui a récemment annulé une exposition de photographies dans la commune (notre article), livre sa version des faits. Voici sa déclaration intégrale :
« Le 9 avril dernier, j’ai rencontré, en présence de mon adjoint aux finances, l’équipe du « Jazz à Junas » chargée par la précédente municipalité d’organiser le festival au Castellas à Vauvert. Je leur ai rappelé une position que nous assumons depuis plus de dix ans : nous refusons de continuer à subventionner à hauteur de 65 000 euros une association extérieure à Vauvert pour un festival dont la ville ne perçoit aucune recette, sur lequel elle n’a qu’un droit de regard très limité et dont les retombées économiques pour nos commerces sont, chacun le sait, quasi inexistantes. Dans un contexte financier particulièrement dégradé en raison de 12 ans de gestion ruineuse, continuer ainsi relèverait de l’irresponsabilité.
Nous avons également réaffirmé notre volonté, conforme à nos engagements de campagne, de remettre en place dans nos arènes des grands spectacles de culture populaire, capables de rassembler largement les Vauverdois, et non de réserver l’offre culturelle à quelques centaines de spectateurs. Les contraintes budgétaires exigent de faire des choix.
L’association « s’est montrée, en apparence, compréhensive »
Souhaitant agir de manière responsable, nous avons laissé toutes les options ouvertes : annulation avec prise en charge des dédits, ou maintien exceptionnel cette année s’ils ne pouvaient faire autrement. L’échange a été courtois et l’équipe du « Jazz à Junas » s’est montrée, en apparence, compréhensive. Le 17 avril, quelques minutes avant la publication de leur communiqué, un membre de l’association m’informe qu’ils acceptent l’annulation sans aucun dédit, ayant la possibilité d’organiser leur festival ailleurs. Une décision surprenante, mais favorable aux finances de la commune.
« Quelle ne fut pas ma surprise, dès lors, de découvrir un communiqué violemment hostile »
Quelle ne fut pas ma surprise, dès lors, de découvrir un communiqué violemment hostile, en totale contradiction avec nos échanges. Il faut appeler les choses par leur nom : il s’agit d’une opération de communication, instrumentalisée à des fins politiques, aussi malhonnête qu’injuste. J’ai tenté de les recontacter pour avoir des explications, en vain. Certains regrettent visiblement la fin d’un système confortable, financé par l’argent public, sans exigence de retombées pour notre ville. La culture n’est pas une chasse gardée. Elle n’appartient pas à quelques-uns. Elle doit être ouverte, accessible, populaire.
« À Vauvert, la culture vivra et rayonnera »
À Vauvert, la culture vivra et rayonnera — non pas pour une minorité, mais pour tous. Il y aura du jazz à Vauvert, comme ce fut le cas encore cet après-midi avec le Big Band Camargue qui a régalé une salle Bizet bien remplie. À Vauvert, il y aura toutes les musiques, tous les arts. Du théâtre, des expositions, de la lecture, de la danse, du cinéma… Et surtout, il y aura une politique culturelle au service des habitants, et non des habitudes ou des intérêts de quelques-uns. Vive la culture, lorsqu’elle est libre, ouverte et populaire ! ».