Entretien avec Rémi Gaillard
Journaliste : Vous proposez de racheter le Montpellier Hérault avec votre communauté. C’est sérieux ou c’est un coup de com ? Rémi Gaillard : Le club est en difficultés. Plutôt que de le voir racheter par des investisseurs étrangers, moi, je veux qu’il reste aux passionnés, avec son âme, ici.
Journaliste : Comment comptez-vous vous y prendre ? Rémi Gaillard : L’idée est d’ouvrir ça à tout le monde. À ceux qui aiment le foot, mais aussi à ceux qui ont envie de participer à quelque chose de nouveau. Si un million de personnes mettent 100 € par an pendant 10 ans, ça fait un milliard. Ma communauté, tous réseaux confondus, c’est 20 millions d’abonnés. Si une partie adhère au projet, ça devient possible…
Journaliste : Vous parlez d’un million de personnes à 100 euros. Vous y croyez vraiment ? Rémi Gaillard : Oui. Parce que ce n’est pas un achat, c’est une adhésion. Un million de passionnés, c’est une force magnifique. Et surtout, ce n’est pas juste mettre de l’argent, c’est entrer dans l’Histoire. Pas un club acheté par un milliardaire, mais par le peuple. Journaliste : Ça ferait 100 millions d’euros par an. Rémi Gaillard : Oui. Et ça permettrait de stabiliser le club, de le relancer et de construire quelque chose de solide. Pas juste survivre. Revivre.
Journaliste : Qu’est-ce que les gens vont y gagner ? Rémi Gaillard : Ils ne seront plus là pour regarder un match. Ils pourront participer, et pas juste symboliquement. On peut imaginer des votes sur les maillots, les décisions marketing, des projets du club. Des propositions concrètes faites par les membres eux-mêmes. Un club, un million de partenaires. Journaliste : Et économiquement, ça tient ? Rémi Gaillard : Oui, si c’est structuré. Une base forte, des millions de supporters, des revenus diversifiés… Mais surtout une implication que les autres clubs n’ont pas. Et ça, ça change tout.
Journaliste : Selon vous, pourquoi le club est-il à la vente ? Rémi Gaillard : À Montpellier, certaines décisions, notamment politiques, ont « tué » le club. Un nouveau stade promis, jamais construit. Aujourd’hui, tous les clubs évoluent, sauf ici. Se prendre en photo les jours de victoire, ça ne construit pas un projet.
Journaliste : Justement, le stade. Vous pensez vraiment pouvoir en financer un nouveau ? Rémi Gaillard : Oui. Parce que si un million de passionnés peuvent faire vivre un club, ils peuvent aussi construire son avenir. Un stade du peuple, pensé avec le peuple. Et là, ce n’est plus juste un projet. C’est un symbole. Journaliste : Vous pensez pouvoir rivaliser avec des clubs financés par des milliardaires ? Rémi Gaillard : On ne fera pas la même chose. Mais on peut faire mieux sur un point : le lien avec les gens. Et aujourd’hui, c’est ce qui manque le plus.
Journaliste : C’est un projet sportif ou médiatique ?Rémi Gaillard : C’est un projet humain. Journaliste : Et si ça échoue ? Rémi Gaillard : La question serait plutôt : et si ça marche ? Il y aura des supporters partout, bien au-delà de Montpellier. On aura créé quelque chose d’unique : un club qui n’a pas besoin d’un seul homme ni de politiques. Un club qui dépasse une ville, qui dépasse même le football. Et rien que pour ça, ça vaut le coup d’être tenté.