C’est la bête noire des maires, le sujet peut également se muer en véritable casse-tête pour les habitants, commerçants et visiteurs : le stationnement. Un pôle des politiques publiques qui conditionne la vitalité économique d’une commune et le cadre de vie des habitants. En conseil municipal du vendredi 17 avril dernier, le maire fraîchement élu de Mauguio-Carnon, Pierre-Martin Chazot, a soumis à l’assemblée les nouvelles règles du jeu.
Une politique de stationnement en deux phases
Il insiste toutefois sur le planning : « Nous pouvons mettre en application certaines mesures immédiatement, d’autres feront l’objet d’une seconde phase en 2027 », à l’issue de la constitution d’un « comité économique et citoyen » prochainement mis sur pied, qui contribuera à affiner la politique de stationnement, notamment en matière de « zonage et de saisonnalité ». Les délibérations en conseil portaient donc sur cette première phase.
Le stationnement sera payant du 1er mai au 30 septembre 2026
Le maire clarifie ses ambitions : « La maîtrise des mobilités constitue un axe fort du mandat. La Ville engage une refonte profonde de la politique de stationnement à Carnon, avec l’ambition claire de redonner aux habitants de la liberté dans leur manière de vivre la ville et de dynamiser les commerces ». Plusieurs mesures ont donc été prises. La saisonnalité a été modifiée ainsi que les horaires pour l’année 2026 en phase 1. Le stationnement sera payant du 1er mai au 30 septembre 2026, de 9h à 19h, soit 2 mois de gratuité supplémentaire et 2 heures gratuites par jour pendant la saison (abonnement vert) pour « soutenir les commerces ».
Gratuité dans le parking du centre
Le maire instaure par ailleurs la gratuité dans le parking centre de 503 places (48 heures d’affilée). Le stationnement sera gratuit pour les aidants et le restera pour les professions médicales à l’année. Par ailleurs, un tarif unique de 20 euros par an sera mis en place pour les résidents : Carnonnais, Melgoriens, résidents secondaires, plaisanciers et adhérents d’associations (ce dernier point concerne celles exerçant et domiciliées à Carnon). Le stationnement en zone bleue sera revu durant la phase deux.
« On cherche les Carnonnais… et on ne les trouve pas »
« Ce que vous nous présentez ce soir, ce n’est pas un schéma directeur. C’est un ajustement de calendrier, des amendements sur les décisions de la précédente municipalité », tranche l’élue d’opposition Cécile Barral, candidate aux dernières municipales, ajoutant : « on cherche les Carnonnais… et on ne les trouve pas ». Le maire insiste sur les deux phases d’application et rétorque : « Le schéma directeur ne se construit pas en dix jours après les élections, mais dans les premiers mois du mandat pour donner une lisibilité ».
L’élue d’opposition, qui s’abstiendra sur cette délibération, étaye son argumentaire : « La gratuité au parking centre, c’est pour ceux qui viennent visiter, pas pour ceux qui vivent ici à l’année ». Quant aux deux heures gratuites en zone verte, « regardons la carte : ce sont les enclos, les rues résidentielles de Carnon, là où vivent les habitants permanents. Présentée comme un geste pour les commerces, cette mesure s’applique en réalité là où les Carnonnais dorment. Ce n’est pas soutenir les commerces. C’est garer gratuitement les visiteurs devant les maisons des résidents ».
« Les commerçants me disent que cela leur a permis de respirer »
Cette réforme représente une perte d’environ 300 000 euros, pointe l’opposante, pour des recettes de stationnement passant de 2,3 millions d’euros à environ 2 millions, selon les projections présentées par le maire. « C’est vrai, je l’assume. Mais il y aura un budget rectificatif qui sera soumis au vote en conseil dans les prochains mois, ce sera travaillé ensemble », précise le maire. Lequel insiste sur un point : « Nous avons 4000 places de stationnement, nous en proposons 503 gratuites, vous ne pouvez pas dire que nous privilégions les touristes. Les commerçants me disent que cela leur a permis de respirer, ils vous le diront eux-mêmes ». Concernant les associations, certaines relatives au tennis ou au bridge ont fait part de leur regret de voir des adhérents changer de club au motif du manque de places, expose le maire.