Béziers : mobilisation au centre pénitentiaire face à la surpopulation et au manque d’effectifs

jeudi 23 avril • 17:03
Ce lundi 27 avril, certains personnels du centre pénitentiaire de Béziers (Hérault) se mobiliseront devant les portes de l'établissement.

« Tous concernés, tous mobilisés ». Le syndicat du centre pénitentiaire de Béziers (Hérault) rejoint le mouvement national annoncé par l’UFAP UNSa-Justice. Dans un communiqué, le syndicat local indique que l’établissement répondra « présent » à l’appel à un blocage prévu le lundi 27 avril 2026.

Dès 6 heures du matin, les personnels sont appelés à se rassembler devant les portes du centre pénitentiaire. Une mobilisation qui se veut visible, et surtout collective. Sur le terrain, les syndicats décrivent un établissement sous tension permanente. Ils évoquent notamment un manque chronique d’effectif, « un effectif de tous corps et tous grades non pourvus ». À cela s’ajoute une fatigue généralisée des agents, décrits comme « épuisés », dans un contexte de travail qui se dégrade progressivement.

« 184 matelas au sol »

Un autre point critique est celui de la surpopulation carcérale. Le syndicat alerte sur un taux dépassant « plus de 190% sur nos maisons d’arrêt ». Le contraste est brutal : pour une capacité annoncée de 389 places, l’établissement accueillerait « plus de 750 détenus », avec en conséquence « 184 matelas au sol ». Cette situation entraîne, selon les personnels, une dégradation continue des conditions de travail ainsi qu’une « explosion des heures supplémentaires pour les personnels de surveillance ».

Face à ce constat, les agents dénoncent l’absence de réponse jugée suffisante de la part de l’administration. Le message est direct : « Réponse de notre Administration : 1 agent pour le CP Béziers à la prochaine CAP. Zéro moyens, c’est zéro considération ». Au-delà des chiffres, c’est un sentiment d’abandon qui transparaît dans les mots utilisés par les représentants syndicaux : « Quitte à crever, autant le faire devant la porte », formule particulièrement brutale illustrant l’exaspération d’une partie du personnel face à ce qu’ils décrivent comme une impasse.

Un signal d’alerte adressé à l’administration pénitentiaire

La mobilisation du 27 avril s’inscrit comme un signal d’alerte adressé à l’administration pénitentiaire. Pour les personnels, il s’agit de défendre à la fois leurs conditions de travail, mais aussi leur sécurité et leur dignité : « parce que sans action collective, rien ne changera ».

Camille Casanova/InfOccitanie.