« Il faisait 30 degrés à 8h30 dans une salle de classe », témoigne Fanny Dissac, parent élue à l’école primaire Morizot-Mozart, située avenue d’Assas à Montpellier. « C’est très compliqué pour les enfants et les enseignants. Nous sommes en colère car chaque année, c’est la même chose : la mairie nous informe qu’il va y avoir des travaux, mais nous n’avons aucune information sur la rénovation énergétique », fustige la mère de famille. « Ce n’est pas normal que nos enfants soient laissés à l’intérieur par de telles températures », insiste Murielle Kosman, coporte-parole de l’association « Une école, un avenir », qui a récemment publié un communiqué afin de dénoncer les fortes chaleurs dans les écoles montpelliéraines.
Des solutions éloignées de la réalité
« Les villes sont limitées en termes de budget, on ne peut pas le nier. Bien sûr que la Ville de Montpellier a mis de l’argent sur la table, mais aujourd’hui, c’est à une échelle insuffisante. Il faudrait désormais un plan national pour le bâti scolaire », estime Murielle Kosman. En effet, certaines mesures ont déjà été prises dans plusieurs écoles de la capitale héraultaise, qu’il s’agisse de la mise en place de climatiseurs mobiles ou de salles climatisées. Des mesures, là encore, jugées insuffisantes ou inefficaces. « Il y a un climatiseur mobile pour tout l’établissement, les classes se le partagent. Mais c’est ridicule. Dans certaines écoles, on parle de plus de 300 personnes », explique la porte-parole de l’association.
Certaines écoles disposent également de salles climatisées dont la température est régulée à distance par la mairie et avoisine les 27 degrés. « On n’y est pas, les températures sont bien au-delà », assure Murielle Kosman. Là encore, la capacité d’accueil de ces espaces pose problème. « Une pièce rafraîchie pour 300 élèves, ce n’est pas suffisant. Nous avons fait le calcul à l’école élémentaire Jacques-Brel : il y a 12 classes, ce qui représente une rotation de 15 minutes par enfant. Un élève n’aurait donc le droit d’être à 27 degrés que pendant 15 minutes dans la journée », avance la membre de « Une école, un avenir ».
Enfin, la Ville de Montpellier met en place des mesures de végétalisation des cours. « C’est formidable, mais cela se fait à hauteur de cinq écoles par an alors qu’il y en a 120. Aujourd’hui, seules 20 ont été réalisées. Et sur les cinq qui doivent être faites cette année, trois n’en bénéficieront finalement pas », regrette Murielle Kosman. « Nous sommes en colère car la végétalisation prévue dans notre école a été reportée. Lors de réunions, on nous avait indiqué que le budget était voté et que cela allait être mis en place. Mais finalement, on nous a expliqué que le budget avait été voté trop tardivement et que le projet serait repoussé à l’année prochaine. »
Le collectif insiste alors sur le fait qu’il n’attaque pas les intentions de la mairie mais que « entre les annonces, les moyens engagés et la réalité du terrain, il faut reconnaître qu’il existe une grande distance et que, pour le moment, le compte n’y est pas. Quand il fait déjà 30 degrés le matin dans une classe, il faut se douter que les températures vont encore grimper au cours de la journée ».
« Mon fils vaut mieux qu’un yaourt »
« Il en va de la santé des enfants », martèle Fanny Dissac. « Une autre maman me disait qu’hier, elle avait récupéré sa fille dans un état amorphe à 16 h 30 », poursuit la mère de famille. De son côté, le collectif explique que les fortes chaleurs affectent directement « les capacités d’apprentissage des enfants ainsi que la santé et les conditions de travail des agents et des enseignants ». La porte-parole précise également : « Ce n’est pas une question de confort, c’est une question de santé. On rappelle qu’un coup de chaleur peut être mortel, ce n’est pas à négliger. »
Concernant les questions environnementales liées à l’installation de systèmes de climatisation, la membre du collectif défend l’idée « qu’on ne choisit pas entre l’écologie et la santé des enfants. Personne ne coupe les réfrigérateurs au nom de l’écologie et je pense que mon enfant vaut mieux qu’un yaourt. Aujourd’hui, il faut que l’école s’adapte à ces situations. »