Montpellier : "Nous manquons de lits, de soignants, de moyens", les personnels de santé mobilisés

mercredi 16 septembre • 11:06
Ce mardi 15 septembre, les personnels de santé se sont rassemblés devant la préfecture à Montpellier (Hérault).

"Nous refusons que les personnels soient contraints de travailler toujours plus avec toujours moins de moyens". Ce mardi 15 septembre, une centaine de personnes se sont mobilisées devant la préfecture de l'Hérault à Montpellier à l'appel de l'USD CGT Santé Action Sociale. Personnels hospitaliers, mais aussi représentants des secteurs de l'énergie, de la recherche, du social, du médico-social et du sanitaire étaient réunis pour dénoncer les restrictions budgétaires et réclamer davantage de moyens pour les services publics.

La mobilisation intervient alors que le syndicat estime que les politiques d'économies fragilisent depuis plusieurs années l'hôpital public et le secteur médico-social. Fermetures de lits et de services, difficultés de recrutement, dégradation des conditions de travail et allongement des délais de prise en charge sont notamment pointés du doigt. À travers cette journée de grève, la CGT entend également peser sur les futurs projets de loi de finance (PLF) et projets de loi de financement pour la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, qui détermineront notamment les moyens consacrés à l'État et à la Sécurité sociale.

Nous manquons de lits, de soignants, de médecins, de moyens

"Alors que les besoins de santé explosent, l'assurance maladie prévoit déjà 3,9 milliards d'euros d'économie pour 2027. Cela intervient alors que nos hôpitaux, nos EHPAD, le secteur du handicap, le social et le médico-social sont déjà à bout. Nous manquons de lits, de soignants, de médecins et de moyens. Pourtant, on nous demande encore de faire des économies", a débuté l'une des porte-parole du syndicat.

La CGT évoque également la situation des maternités et des urgences ainsi que les difficultés rencontrées dans les établissements accueillant les personnes âgées, les personnes en situation de handicap ou les jeunes relevant de la protection de l'enfance. "On nous parle de lutte contre les déserts médicaux mais, dans le même temps, les moyens diminuent. On ferme des maternités. Les urgences sont saturées. Dans les EHPAD, des personnes souffrent faute de personnel. Dans la protection de l'enfance, des jeunes sont abandonnés. Dans le handicap, les établissements sont étranglés".

Des revendications sur les moyens et les conditions de travail

Dans l'Hérault, le syndicat cite plusieurs situations locales, notamment la demande de réouverture d'un service d'urgences à Lodève et les difficultés rencontrées au Centre hospitalier de Clermont-l'Hérault. Plus largement, la CGT dénonce le manque d'effectifs et la dégradation des conditions de travail.

Le syndicat réclame notamment davantage de moyens pour la santé et l'action sociale, la réouverture des lits et services fermés, des recrutements massifs et pérennes, des augmentations de salaires ainsi qu'une meilleure prise en compte de la pénibilité.

"Voilà la réalité du système de santé aujourd'hui. Quelle est la réponse du gouvernement ? Faire payer davantage les patients, augmenter les franchises médicales et les participations forfaitaires, remettre en cause les droits liés aux affections de longue durée, réduire les droits des personnes en situation de handicap et supprimer des postes dans la fonction publique. Toujours la même logique : faire payer ceux qui ont le moins et demander toujours plus d'efforts aux salariés et aux patients".

Nous refusons que la santé devienne une marchandise

Face à ces constats, le syndicat défend une augmentation des moyens consacrés aux services publics et à la Sécurité sociale. La CGT "fait le choix de la santé, de la solidarité et des services publics" et souhaite que "l'argent public serve d'abord à soigner, protéger et accompagner". Parmi leurs principales revendications figurent la suppression des franchises médicales, la prise en charge à 100% des soins pour les personnes en affection de longue durée, l'arrêt des fermetures de lits, le maintien de l'ouverture des urgences 24 heures sur 24, des salaires revalorisés, des embauches massives et "un véritable grand service public de santé et d'action sociale".

Un nouvel appel à la grève lance pour le 29 septembre prochain

La mobilisation ne devrait toutefois pas s'arrêter à cette journée. Un nouvel appel à la grève est lancé pour le 29 septembre prochain, avec un mot d'ordre : "La santé n'est pas une marchandise".

Camille Casanova/InfOccitanie.