Le Parlement a définitivement adopté, mercredi 15 juillet, la proposition de loi visant à créer un droit à l’« aide à mourir », qui permettrait à certains malades atteints de pathologies graves d’obtenir sous conditions l’administration d’un produit létal. Un produit létal sera fourni au patient, qui pourra se l'administrer, en présence d'un infirmier ou d'un médecin. Cette auto-administration reste la règle, et une seule exception existe : si le patient n'est pas en mesure de le faire physiquement, et uniquement dans ce cas, le soignant sera autorisé à réaliser le geste létal. On parle alors d'euthanasie, qui suppose l'intervention active d'un tiers.
291 voix contre 241
L’Assemblée nationale a approuvé le texte par 291 voix contre 241. Le vote a été salué par l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), mais vivement contesté par les associations conservatrices ou par l’Eglise catholique quidéplore "une rupture grave dans l'histoire de notre pays". La gauche et les macronistes ont majoritairement voté pour, et la droite et l’extrême droite contre. Dans le Gard, les députés RN Nicolas Meizonnet, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Catherine Dellong Meng, Sylvie Josserand, ainsi que le député de l'UDR, Union des droites pour la République, Alexandre Allegret-Pilot, ont voté "contre" (liste ici).
Dans un communiqué, Yoann Gillet détaille les raisons de son vote, que voici :
"Je m'exprime aujourd'hui sur mon vote d'hier concernant la proposition de loi relative à la fin de vie, car je sais qu'il peut surprendre : j'avais soutenu ce texte lors de son examen précédent. Sur le principe, je reste favorable à ce qu'une réponse soit apportée à la fin de vie, à condition qu'elle soit strictement encadrée. Mais en conscience, je n'ai pas pu voter un texte qui ne m'apparaît pas suffisamment protecteur en l'état. Sur un sujet aussi grave, où il n'y a pas de droit à l'erreur, je ne pouvais faire autrement. Trois raisons m'ont conduit à ce choix :
1. Je n'arrive pas à imaginer qu'une personne sous tutelle ou curatelle puisse être jugée apte à exprimer une volonté libre et éclairée sur une décision autrement plus définitive : celle de mourir. Ce sont nos concitoyens les plus vulnérables, ceux que la loi elle-même a jugé bon de protéger. 2. Le délai de réflexion de seulement 48 heures prévu par le texte m'apparaît déraisonnablement court. 3. Enfin, le risque de dérives futures, comme dans certains pays, m'inquiète sincèrement. Des voix s'élèvent d'ailleurs déjà pour demander un assouplissement de ce texte avant même sa promulgation.
Moi qui étais favorable au principe même de pouvoir abréger les souffrances des malades touchés par une maladie incurable, j'ai dû me résoudre à voter contre un texte allant en ce sens. Je le réaffirme par ailleurs : ce sujet de société n'aurait pas dû être tranché par le législateur, mais soumis aux Français par référendum."