"C'est devenu un lieu de vie, les enfants se rafraîchissent, les familles se retrouvent autour", se réjouit Agnès Charaix-Py, adjointe au maire de Nîmes, en charge de la végétalisation et de la renaturation. La seule et unique fontaine d'eau potable de l'Écusson a repris du service le 5 août dernier, place aux Herbes, à deux pas de la cathédrale. "Selon mes informations, elle a été fermée en 2020 pendant le Covid et n'a pas été rouverte depuis pour des raisons de sobriété", indique l'adjointe qui fustige son mode d'emploi : "Elle fonctionnait à fond perdu ! L'eau potable se déversait non-stop, c'était un gaspillage de dingue, on ne pouvait plus se permettre cela". Pour autant, hors de question de la laisser fermée. Dès les quinze premiers jours du mandat, Agnès Charaix-Py, aux côtés de Laurent Mespoulet, adjoint au Tourisme, a réfléchi à des leviers pour rafraîchir le centre-ville nîmois. Pour information, le pic de l'épisode de canicule à Nîmes a été atteint le 15 août 2026 avec une température maximale étouffante de 40°C. La ville a par ailleurs bouclé une série remarquable de 10 jours consécutifs au-dessus de 36°C.
"Elle fonctionnait à fond perdu ! L'eau potable se déversait non-stop"
Les deux adjoints font alors le tour de l'Écusson, "celui qui appartient à tous les Nîmois", pour répertorier les endroits de fraîcheur. Bilan : "Pas une seule fontaine, cela nous a vraiment saisis !". En mai dernier, décision est prise de travailler conjointement avec le service des fontainiers de la ville (cinq personnes), qui s'en remettra à un prestataire extérieur afin de modifier la fontaine datant de 1982 et d'y installer un système d'eau à la demande. "Le chantier a duré trois jours, il a fallu dessouder, enlever le haut de la fontaine, ajouter un répartiteur...", liste l'adjointe en précisant le coût de l'opération : environ 3 000 euros. L'opération porte ses fruits : "Je me suis assise à 11h en pleine journée de chaleur, le trafic n'a pas cessé avec les personnes gourdes à la main, des restaurateurs autour sont également satisfaits". Au total, 80 fontaines maillent la ville de Nîmes, dont quarante dans les cimetières et quarante dans le reste de l'espace public.
Des gamelles pour les chiens ?
L'objectif est d'en installer d'autres : "C'est une question de santé publique et d'hydratation, une question environnementale via la diminution de l'usage du plastique et enfin conviviale car cela devient un lieu de vie". A terme, l'adjointe souhaite également expérimenter des gamelles en inox adossées à certaines fontaines. "Le bien-être animal est très important, les chiens souffrent lorsqu'il fait très chaud", expose-t-elle.
Des arbres, des arbres, des arbres
Outre les fontaines, un appel d'offres sera lancé dans les jours à venir, dans le cadre d'un plan de végétalisation concerté qui s'étalera sur une pèriode de 12 à 18 mois, au travers d'études menées par des paysagistes professionnels et d'échanges auprès des Nîmois. "L'arbre est le meilleur outil, il fait de l'ombre, réduit la chaleur et permet à la biodiversité de s'y réfugier", liste l'adjointe qui précise que ce plan sera appliqué à l'échelle de la ville entière. Autres outils : "J'envisage de tester des brumisateurs à l'image de ceux installés à Grenoble, cela consomme peu d'eau avec soixante secondes de vaporisation suivies de trente secondes de repos ". Elle dit s'être entretenue avec une adjointe à l'urbanisme de cette ville : "Elle m'a confirmé que le sol est à peine mouillé, c'est un dispositif sobre'" Les voiles d'ombrages urbains sont également à l'étude, "j'aimerais les tester, à l'image de ce qui est fait à Séville", projette l'adjointe qui n'oublie pas non plus les "jets d'eau inutiles" à optimiser dans certains coins de la ville. "On est vraiment en retard comparés à d'autres villes de la même strate...", souffle l'intéressée qui ne baisse pas les bras pour autant.