Cette vidéo continue de faire couler beaucoup d'encre. Diffusée par nos confrères du Midi Libre, la séquence dévoile les propos racistes, complotistes, LGBTphobes, et misogynes tenus par un policier municipal de Carcassonne lors d'une patrouille longue de six heures avec ses collègues. Cet enregistrement provient de la caméra piéton du chef d'équipe, qui l'a déclenchée involontairement et a ainsi filmé plusieurs heures d'échanges.
"La caméra individuelle dont sont issues ces images a été dérobée"
C'est ce dernier point que la Ville de Carcassonne a dénoncé dans un premier temps, avant d'évoquer les propos tenus par le policier municipal, dans un communiqué. « Il convient de préciser que la caméra individuelle dont sont issues ces images a été dérobée, soulevant de graves interrogations quant aux conditions dans lesquelles ces vidéos ont ensuite été récupérées et diffusées », exprime la Ville.
C'est dans un second temps que la municipalité dénonce les propos tenus par le policier, sans manquer de pointer du doigt la responsabilité de l'ancienne municipalité. « Ces images remontent à 2025, sous la précédente municipalité. Les propos à caractère raciste qui y sont tenus sont inacceptables. Le Maire et l’ensemble de la municipalité les condamnent sans aucune réserve. »
Le policier aperçu à plusieurs reprises aux côtés de Jordan Bardella et Christophe Barthès
La Ville poursuit en excluant tout lien entre la nouvelle municipalité (RN) et le policier ayant tenu ces propos et insiste sur le fait que « cette affaire est antérieure à l’arrivée de la nouvelle majorité municipale. Nous constatons que l’ancienne municipalité a étouffé l’affaire sans y apporter la moindre réponse ».
Toutefois, nos confrères du Midi Libre ont également révélé que le policier mis en cause dans cette vidéo était proche du service d'ordre du Rassemblement national et en a par ailleurs été exclu à la suite de la diffusion de cet enregistrement. Ce policier a notamment été aperçu aux côtés de Jordan Bardella lors de l'un de ses déplacements dans l'Aude, le 7 février dernier, comme l'ont notamment capté les images du Monde et de Midi Libre. Toujours selon ces derniers, le policier est également apparu aux côtés du maire actuel, Christophe Barthès, lors de son élection, mais aussi le 28 mai dernier, distribuant avec l'édile de Carcassonne des cartons aux manifestants de la CGT. Pourtant, la Ville a affirmé que « depuis mars 2026 et l’arrivée de la nouvelle équipe, une remise à plat du fonctionnement de la Police municipale a été engagée ».
Une enquête ouverte depuis plusieurs mois
Enfin, la municipalité de Carcassonne assure que « les comportements fautifs seront sanctionnés avec toute la fermeté nécessaire ». Un discours contrasté par les révélations de nos confrères, qui indiquent que ces images ont circulé au sein du commissariat, entraînant l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Carcassonne ainsi qu'un dépôt de plainte. Cette plainte n'ayant abouti à aucune condamnation, le policier impliqué a quant à lui été placé en congé maladie en janvier 2026 avant de revenir en poste sous le mandat du nouveau maire.
Enfin, le maire de Carcassonne réfute les dires de nos confrères selon lesquels le policier mis en cause serait le chef de la police municipale, bien que ce dernier soit appelé « chef » par l'un de ses collègues, comme en témoigne l'enregistrement.
La justice a confirmé s'être saisie du dossier ce mercredi.