Gard : colère des lycéens, la Région Occitanie répond aux revendications et interpelle l’État

vendredi 16 octobre • 14:02
Face à la mobilisation des lycéens qui dure depuis plusieurs semaines, la Région Occitanie souhaite apporter des réponses concrètes pour répondre à leurs revendications.

Ce vendredi 16 octobre, la Région Occitanie a tenu une conférence de presse à Nîmes afin de réaffirmer sa volonté d’apporter des réponses aux revendications des lycéens, exprimées lors des mobilisations de ces dernières semaines.

Tout d’abord, le Conseil régional des jeunes prépare un cahier de doléances qui sera transmis à la présidente de la Région, Carole Delga, et au rectorat. La Région Occitanie demande également « que ses élus soient systématiquement associés aux conseils académiques de la vie lycéenne, afin de renforcer le dialogue avec les élèves et de les associer davantage aux décisions concernant leurs établissements ».

Des investissements concrets

La Région rappelle également les investissements conséquents réalisés dans les lycées. Depuis 2016, deux milliards d’euros ont ainsi été investis dans les établissements d’Occitanie. Dans le Gard, 170 millions d’euros de travaux sont en cours de réalisation, notamment :

  • 68 millions d’euros au lycée Jean-Baptiste-Dumas, à Alès, pour les bâtiments d’accueil, les ateliers, la restauration ainsi que les prochaines interventions sur l’internat et l’adaptation climatique ;

  • 35 millions d’euros au lycée Albert-Einstein, à Bagnols-sur-Cèze, pour de nouveaux bâtiments, la restauration, le pôle sciences et les futures rénovations énergétiques ;

  • 13,3 millions d’euros au lycée Dhuoda, à Nîmes, pour la sécurisation des coursives, la rénovation de la façade historique et la restructuration du bâtiment H ;

  • 6,4 millions d’euros au lycée Frédéric-Mistral, à Nîmes, pour la restructuration de l’externat et des ateliers.

Changement climatique, orientation, discrimination...

Face au changement climatique, la Région prévoit également un plan canicule et engage 10 millions d’euros afin de réaliser des travaux et des aménagements dans 120 à 150 lycées d’Occitanie avant les périodes d’examen de 2027, avec une priorité donnée au Gard.

Au-delà des aménagements, la Région reste engagée en faveur du pouvoir d’achat des familles et se targue, cette année encore, de proposer « la rentrée la moins chère de France ». En 2026, 74 millions d’euros ont été investis dans ce sens, soit une économie moyenne annoncée de 1 000 euros par lycéen, grâce notamment à la gratuité des manuels scolaires, des ordinateurs, des premiers équipements professionnels et des transports liO pour les jeunes éligibles.

La Région s’engage également en faveur d’une meilleure orientation des lycéens. « Pour mieux les accompagner, la Région déploie ses Maisons de l’Orientation et leurs unités mobiles. Dans le Gard, 21 permanences et 10 déplacements de la Maison de l’Orientation mobile ont notamment été organisés en 2025-2026 », précise la Région. Par ailleurs, des actions se poursuivent contre le harcèlement et toutes les formes de discrimination, à l’image du projet Tous responsables, soutenu au lycée Albert-Einstein, à Bagnols-sur-Cèze, qui mobilise les élèves contre le sexisme et l’homophobie.

L'Etat "doit apporter des réponses à la hauteur de la crise que traverse l’École"

Face aux revendications des lycéens, la Région appelle l’État à prendre ses responsabilités : « Si la Région agit sur les bâtiments et les équipements, l’État reste responsable du recrutement et du remplacement des enseignants, des effectifs dans les classes et de l’organisation de Parcoursup. Il doit apporter des réponses à la hauteur de la crise que traverse l’École. »

Une responsabilité que la Région estime fragilisée par plusieurs restrictions budgétaires. « En onze ans, l’Occitanie a perdu 800 M€ de dotations, soit l’équivalent de son plan pluriannuel d’investissement dans les lycées. Alors que le projet de loi de finances pour 2027 prévoit un effort supplémentaire de 1 Md€ pour les Régions, la Région Occitanie demande au Gouvernement de diviser cette baisse par deux, pour la limiter à 500 M€ maximum », précise la Région.


Antoine Fagant/InfOccitanie.