Montpellier : hommage à Lyhanna, des centaines de personnes réunies entre émotion et colère

mardi 09 juin • 14:09
Des centaines de personnes se sont réunies ce lundi 8 juin devant le tribunal judiciaire de Montpellier afin de rendre un hommage à Lyhanna et dénoncer les dysfonctionnements de la justice.

« Ce que nos responsables politiques appellent aujourd'hui un "dysfonctionnement" n'en est pas un. L'affaire Jérôme Barella nous montre de la plus abominable des manières ce que les victimes de violences sexuelles subissent chaque jour dans les tribunaux de France », clame Vigdis Morisse-Herrera, membre du collectif des Tricoteuses Hystériques, face à la foule. Ils sont des centaines à être venus ce lundi devant le tribunal judiciaire de Montpellier afin de rendre un hommage à Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée morte la semaine dernière.

Dénoncer une justice défaillante

En plus de l'hommage rendu à l'enfant disparue, qui est « l'injustice de trop » comme l'indique une banderole accrochée sur les grilles du tribunal, la foule a également exprimé sa colère face à la justice, notamment concernant le traitement des plaintes pour violences sexuelles sur les enfants et les adultes.

« Selon la Ciivise, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année et, dans 77 % des cas, elles ont lieu dans le cadre familial », explique Vigdis Morisse-Herrera avant de poursuivre avec d'autres chiffres tout aussi accablants. « Une étude de l'Institut des politiques publiques portant sur la période 2012-2021 conclut que 80 % des procédures pour violences sexuelles sur les adultes et les enfants sont classées sans suite. Pour les seuls viols, le taux atteindrait 94 %. » Des données consternantes qui ne manquent pas de faire réagir la foule, huant et criant « La honte ! » ou encore « Ça suffit ! ».

Illustration - D.R.

« Présumée menteuse »

« Malgré ces chiffres accablants, qui émanent de sources institutionnelles, chaque enfant et chaque femme qui dépose plainte pour des faits de violences sexuelles est présumée menteuse », déclare la membre des Tricoteuses Hystériques. Vigdis Morisse-Herrera a également tenu à préciser que « l'on ne remet pas en cause la présomption d'innocence. Elle ne signifie tout simplement pas que nous sommes des présumées menteuses ».

Une expérience qui illustre une réalité

Afin d'illustrer l'ensemble de ces propos, la femme au micro a mené une expérience. « Je vais demander aux personnes qui l'acceptent de lever la main si elles ont été victimes de viol », demande Vigdis Morisse-Herrera. Des dizaines de mains se lèvent.
« Je vais vous demander de garder la main levée et demander aux victimes d'agressions sexuelles de lever la main avec nous. » Une nouvelle fois, plusieurs mains se lèvent.
« Je vais vous demander de baisser la main si vous n'avez pas porté plainte. Sachez qu'il n'y a aucun jugement. » Ici, une petite poignée de mains se baisse, mais une grande majorité reste levée. « Je vais vous demander de garder la main levée si votre agresseur a été condamné. » Plus aucune main n'est levée.

Antoine Fagant/InfOccitanie.