Nîmes : fournitures scolaires, Vincent Bouget et le RN, des désaccords au feutre indélébile

mardi 29 septembre • 16:50
La distribution gratuite de fournitures scolaires, mesure de la nouvelle municipalité de gauche, a encore fait couler de l’encre en conseil municipal.

Privé vs public ? Lors du conseil municipal de Nîmes du lundi 28 septembre, l’élue du groupe RN Loumy Bourghol, par ailleurs ancienne candidate LR aux législatives, a pris la parole en fin de séance pour dénoncer ce qu’elle considère comme une injustice. Au coeur des échanges, les kits de fournitures scolaires distribués gratuitement à la rentrée à environ 7 600 enfants du CP au CM2. Lesquels ont bénéficié de pots de colle, feutres, surligneurs ou ardoises pour ne citer que ces articles. Loumy Bourghol prendra soin de tacler l’écurie politique du maire de Nîmes, « Comme tous les communistes, vous ajoutez de nouvelles dépenses en supprimant les recettes, cela va poser problème... ».

"Êtes-vous le maire de tous les Nîmois ?"

Souffle de lassitude chez le maire Vincent Bouget qui s’attendait visiblement à la missive dont il est coutumier. Loumy Bourghol déroule son argumentaire : « Vous avez fait le choix de réserver le kit de fournitures scolaires aux écoliers du public et non du privé, êtes-vous le maire de tous les Nîmois ? (...) Pourquoi discriminer ? » . À la seule mention du dernier terme, Vincent Bouget affiche un sourire sarcastique  : « En matière de discrimination… », lance-t-il en direction du groupe RN. Loumy Bourghol renchérit : « Où est l’égalité de traitement ? La municipalité crée une mesure de discrimination indirecte, en réservant l’avantage financier de cette prestation aux seules familles du public ».

"Opposer les Nîmois, c'est votre marque de fabrique"

Pierre-Édouard Detrez, adjoint à l’Education, saute sur l’occasion : « Vous ne pouvez pas savoir le bien que cela me fait que vous mettiez en lumière ce kit de fournitures ». Répondant à la question de l’élue du groupe RN, il rappelle que le choix des fournitures est dicté par l’Education nationale, et que les achats de la Ville de Nîmes sont régis par le code de la commande publique concernant les fournisseurs. « Nous avons de très nombreux retours positifs de la part des enseignants, de la communauté éducative, des parents… », plaide-t-il. Concernant la mesure, Pierre-Edouard Detrez insiste : elle vise à réduire les inégalités en matière de réussite scolaire, liées à l’environnement social ou au niveau de ressources des familles. Vincent Bouget souligne quant à lui un paradoxe : « Vous avez souvent critiqué le fait que l’on distribue ces kits à des familles qui percevaient déjà une allocation de rentrée scolaire. Or, si nous l’avions donné au privé, vous auriez dit que ces familles ont les moyens de payer une scolarité privée et donc de payer leurs fournitures... ». Le maire clôt le débat en direction du groupe mené par le vice-président du parti lepéniste Julien Sanchez : « Ce qui vous intéresse, c’est systématiquement de relever les oppositions entre les Nîmois, c’est votre marque de fabrique, c’est quand même remarquable ».

Linda Mansouri/InfOccitanie.