Les faits se déroulent le 29 septembre et ont été relayés par Mediapart. Alexandre, jeune homme de 21 ans, métis et originaire de Nîmes, circule à vélo en libre-service sur l’avenue Jean-Lasserre. Il croise un groupe de policiers déployés en raison des blocages de lycées. Alexandre, lui, ne manifeste pas. Le Nîmois constate également un feu de poubelle devant le lycée Frédéric-Mistral, où le blocus se termine. Le jeune homme souhaite alors prendre des photos avec son téléphone afin de « documenter » l’événement, raconte-t-il à Mediapart.
"Un policier [...] met un énorme chassé dans mon vélo"
Cependant, il raconte qu’au moment de sortir son téléphone, « un policier se rapproche de moi rapidement et met un énorme chassé dans mon vélo, qui tombe par terre, puis le tire vers lui ». À ce moment-là, le jeune homme parvient à lancer l’enregistrement vidéo de son téléphone, bien que l’agent de police tente de l’en empêcher. Les cinq minutes d’interaction qui suivent ont été filmées et publiées par Mediapart.
L'échange filmé
L’enregistrement commence avec un policier qui lui somme de poser son téléphone et d’arrêter de filmer, tout en essayant de l’en empêcher. Alexandre tente d’expliquer au policier que son « collègue a poussé mon vélo par terre » et précise « qu’il y a 200 euros de caution ». Chose que les policiers ne semblent pas vouloir entendre et qui continuent de lui ordonner : « Prends ton vélo et va-t’en. »
Pas de numéro d'identification
Alexandre lance ensuite aux policiers qu’il va « porter plainte » et leur demande alors « leur numéro d’identification ». « J’en ai pas », lui rétorque quasiment du tac au tac un agent. Pour rappel, le port du numéro d’identification individuel (RIO) est obligatoire pour les policiers et gendarmes, conformément à l’article R. 434-15 du Code de la sécurité intérieure et à l’arrêté du 24 décembre 2013.
« Une sorte de baffe au menton »
Dans la vidéo, Alexandre cherche le policier qui l’a « attrapé par le colback » et tente à son tour de lui demander poliment son numéro d’identification. « Casse-toi », lui répète à quatre reprises le policier, en le poussant et en lui mettant « une sorte de baffe au menton ». La scène se poursuit avec les policiers demandant à Alexandre « d’arrêter son live » et lui demandant sa pièce d’identité. Les échanges se poursuivent entre Alexandre et les forces de l’ordre, ces derniers demandant plusieurs informations au jeune homme, qui insiste sur l’agression qu’il vient de subir.
Plainte déposée et enquête diligentée
Alexandre s’est rendu dans la journée au commissariat de Nîmes afin de déposer plainte pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique ». De son côté, la Direction générale de la police nationale (DGPN) a affirmé à Mediapart que « le parquet a été avisé et une enquête a été diligentée ».
La procureure de Nîmes, Cécile Gensac, a réagi à la vidéo après la publication de l’article. Elle a déclaré que le Nîmois « est venu au contact des policiers placés en observation et sécurisation » et qu’il « a été repoussé ainsi que le vélo de la ville avec lequel il se déplaçait intentionnellement au milieu du dispositif d’ordre en dépit des demandes de s’éloigner ».