Béziers : centre pénitentiaire, le personnel alerte sur une "surpopulation record"

lundi 03 août • 15:07
Au centre pénitentiaire de Béziers (Hérault), les fonctionnaires alertent sur la surpopulation carcérale qui "met en péril la sécurité des personnels et le fonctionnement de l'établissement".

Avec une densité carcérale de 204% et plus de 220 matelas au sol, le centre pénitentiaire de Béziers (Hérault) fait face à une situation que l'UFAP UNSa-Justice qualifie d'"insoutenable". Le syndicat alerte une nouvelle fois les pouvoirs publics sur les conséquences de cette surpopulation, tant pour les personnels que pour le fonctionnement quotidien de l'établissement.

Près de 800 détenus pour une capacité de 389 places

La maison d'arrêt de Béziers, conçue pour accueillir 389 personnes détenues, en héberge aujourd'hui près de 800. Une situation qui, selon l'UFAP UNSa-Justice, compromet les missions fondamentales de l'administration pénitentiaire : assurer la garde des personnes détenues dans des conditions de sécurité satisfaisantes tout en favorisant leur réinsertion.

Le syndicat estime que l'augmentation constante de la population pénale n'a pas été accompagnée des moyens humains nécessaires, créant un déséquilibre grandissant entre les besoins du terrain et les effectifs disponibles.

Des surveillants confrontés à une charge de travail devenue excessive

Pour les personnels de surveillance, les conséquences sont immédiates. L'augmentation du nombre de détenus entraîne une multiplication des mouvements, davantage d'interventions et une surcharge des coursives.

L'UFAP UNSa-Justice souligne qu'un surveillant amené à gérer 120 personnes détenues ne peut exercer sa mission dans les mêmes conditions que lorsqu'il prend en charge une cinquantaine. Le syndicat dénonce également le maintien de situations où des agents se retrouvent seuls sur leur coursive, avec une responsabilité jugée disproportionnée.

Une organisation fragilisée par les heures supplémentaires

La surpopulation a également des répercussions sur l'organisation du travail. Selon le syndicat, les heures supplémentaires se multiplient, les rappels sur les jours de repos deviennent fréquents et les plannings sont régulièrement désorganisés. Une situation pesant sur la vie personnelle des agents et contribuant à un épuisement physique et psychologique, favorisant l'augmentation de l'absentéisme.

Les difficultés ne concernent pas uniquement les personnels de surveillance. L'UFAP UNSa-Justice indique que les services administratifs subissent eux aussi les effets de la hausse continue des incarcérations. Chaque nouvelle entrée en détention génère des démarches administratives supplémentaires, sans renfort dédié.

Des mesures immédiates

Face à cette situation, l'organisation syndicale demande un renforcement significatif des effectifs dans tous les corps de métiers, la fin de l'isolement des surveillants sur les coursives, des réponses concrètes et durables pour réduire la surpopulation carcérale, des moyens adaptés aux missions confiées à l'administration pénitentiaire.

Camille Casanova/InfOccitanie.