"Ooh-ee, Makeba Makeba, ma che bella. Can I get a "ooh-ee"? Makeba makes my body dance for you", la chanson entraînante de l'artiste française Jain en hommage à Miriam Makeba a fait le tour du monde. Cette figure iconique qui a lutté toute sa vie pour la liberté et la dignité humaine a été choisie par les parents pour incarner la nouvelle crèche à l'est de Nîmes, quartier Mas de Mingue. L'ancienne structure des Grillons a fermé en juillet 2025 dans le cadre du renouvellement urbain pour ouvrir au 1 412 route de Courbessac en mai dernier et passer ainsi de 20 à 50 berceaux. Cet établissement tout neuf avec 23 professionnels dédiés aux tout-petits a été inauguré ce mardi 13 octobre.
De 20 à 50 berceaux
Pendant plus d'une semaine, les parents ont participé à un vote visant à choisir la dénomination de cette crèche parmi trois noms proposés. Miriam Makeba a été choisie haut la main. "Je suis particulièrement fier de ce nom qui résonne avec nos combats du 21ème siècle. Figure sud-africaine engagée contre l'apartheid, ce qui lui a valu 30 ans d'exil, Miriam Makeba était venue à Nîmes se produire en 1978, rappelle Vincent Bouget, maire de Nîmes et président de Nîmes métropole. Cet équipement est fondamental pour le lien social".
"Une figure engagée contre l'apartheid"
Miriam Makeba, née en 1932 à Johannesbourg et morte en 2008 en Italie, est une chanteuse de jazz sud-africaine et une militante politique. Surnommée « Mama Africa », elle a été naturalisée guinéenne puis algérienne au cours de son long exil. En 1959, sa participation au film anti-apartheid « Come Back, Africa » pousse le régime sud-africain à lui retirer sa citoyenneté et à interdire sa musique. Elle ne pourra revenir dans son pays natal qu'en 1990, après la libération de Nelson Mandela. Elle est la première artiste africaine à s'exprimer devant l'ONU pour appeler au boycott de l'Afrique du Sud. En 1966, elle remporte un Grammy Award.
Christian Bastid, vice-président au Département du Gard délégué au renouvellement urbain, insiste : la Petite enfance est le "premier service public trouvé par les parents dans les quartiers". Cette crèche est le fruit d'un partenariat entre l'Etat, la Caf du Gard, la Ville de Nîmes, le Département et l'association Samuel Vincent qui a hérité de la délégation de service public. Elle s'inscrit dans le projet de renouvellement urbain engagé par Nîmes Métropole. Une vingtaine de logements sociaux sont par ailleurs proposés au-dessus de cette crèche.
"Cette crèche est une réalisation concrète de la rénovation urbaine, on assiste à la pleine transformation des quartiers Valdegour, Pissevin ou Mas de Mingue", rappelle Philippe Dumas, sous-préfet en charge de la Politique de la ville. Ce dernier contextualise : "C'est un chantier au long cours. Depuis 2014, 150 millions d'euros ont été investis par l'ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine, ndlr) à Nîmes, plus de 400 millions d'euros au total avec l'aide des collectivités locales comme Nîmes et des bailleurs sociaux".
L'État a posé 340 000 euros sur la table pour cette nouvelle crèche administrée par l'association Samuel Vincent, qui, en outre, gère la crèche Mosaïque au Chemin-Bas ou la crèche Rangueil à Gambetta. Une quatrième crèche sera ajoutée au portefeuilles, cette fois-ci au Mont Duplan, les travaux auront lieu courant 2027. "Samuel Vincent est un acteur majeur de la Petite enfance, particulièrement dans les quartiers de la Politique de la ville", expose Olivier Goujon, président de l'association qui se réjouit de l'appellation, "Miriam Makeba est une femme d'engagement". François-Xavier Degoul, président de la Caf du Gard, tient à le rappeler, disposer d'une place en crèche pour son enfant permet aux parents de reprendre une activité professionnelle ou une formation et participe à l'égalité des chances. "C'est le premier lieu où l'on découvre la diversité et où l'on apprend à faire une place à l'autre", juge-t-il. Le nom de Miriam Makeba tombe à point nommé.