99 délibérations. Un ordre du jour très dense qui a mis à rude épreuve l’assemblée communautaire de Nîmes Métropole, mardi 22 septembre. Au coeur des échanges : les transports, les projets d’aménagement, le budget supplémentaire 2026 ou bien l’égalité femmes-hommes au sein du personnel de la collectivité. Le président de Nîmes Métropole, Vincent Bouget, a débuté son propos liminaire en adressant son soutien à la population de Générac suite à l’incendie ayant ravagé 50 hectares lundi dernier, « cet épisode nous rappelle combien le territoire est exposé au risque incendie, il faut rester vigilants ». Le maire de Nîmes a par la suite tiré un premier bilan de la feria des Vendanges, « un bon cru » contribuant à l’attractivité de la ville, mais conditionné à un pouvoir d’achat des concitoyens en berne qui se « ressent sur les retombées économiques » de ces grands événements. « Il faudra par la suite regarder les chiffres et en tirer les conséquences », projette le président communiste. Concernant le cap politique donné par le nouvel exécutif, « nous ne sommes pas arrivés ici pour tout défaire, mais certains projets doivent être réorientés et réévalués », estime Vincent Bouget qui dit avoir écumé les dossiers sur la table avec son équipe et fixe des orientations claires en matière de développement économique notamment.
"Cette halte actuelle arrive à ses limites"
Parmi les délibérations au sein du Colisée, l’assemblée a voté en faveur d’une convention relative au financement de l'étude portant sur le déplacement de la gare ferroviaire de Saint-Césaire, serpent de mer local depuis plusieurs années. « Cette halte actuelle arrive à ses limites, elle n’est par ailleurs pas disponible pour les personnes à mobilités réduite », rappelle Fanny Daguenet, vice-présidente déléguée aux mobilités. Situé en entrée ouest de la ville de Nîmes, le projet de renouvellement urbain de la Porte Ouest constitue l'une des principales opérations de transformation urbaine portées par Nîmes Métropole. Intégrant notamment le secteur du Marché Gare, ce projet vise à accompagner la mutation de ce secteur, tout en renforçant son intégration aux réseaux de mobilité. Implantée sur l'axe ferroviaire reliant Nîmes à Montpellier, la halte de Saint-Césaire bénéficie d'une localisation stratégique.
Le projet prévoit la création d'une nouvelle halte ferroviaire comprenant notamment deux quais conformes aux normes d'accessibilité
Toutefois, sa configuration actuelle, son absence d'accessibilité aux personnes à mobilité réduite et les contraintes liées à son environnement immédiat limitent ses possibilités d'évolution et de développement de l’intermodalité. Afin d'accompagner d’améliorer sa desserte en transports collectifs, Nîmes Métropole, l'État, la Région Occitanie et SNCF ont engagé plusieurs études visant à examiner les conditions de déplacement de la halte ferroviaire de Saint-Césaire au plus près de l’avenue Pavlov. Le projet retenu prévoit la création d'une nouvelle halte ferroviaire accessible comprenant notamment deux quais conformes aux normes d'accessibilité, une passerelle assurant la desserte des quais et la continuité des liaisons urbaines, ainsi que les aménagements nécessaires à l'accueil, à l'information et à la sécurité des voyageurs.
"Je suis dubitatif"
Associée au futur Pôle d'Échanges Multimodal de Saint-Césaire et au prolongement de la ligne T2 du TCSP (Tram'Bus), « cette nouvelle halte contribuera à renforcer la desserte de l'ouest de l'agglomération et les connexions avec le grand territoire », impactant plus d'un million de personnes. En facilitant l'accès aux principaux pôles d'emplois, de services et d’équipements, elle vise à améliorer les mobilités du quotidien et s'inscrit dans les ambitions portées par le Service Express Régional Métropolitain (SERM*). L’objet de cette délibération portait sur la validation d'une répartition d'un financement de l’Etat à hauteur de 50 % (soit 278 236€), et de Nîmes Métropole à hauteur de 50 % également, pour un total de 556 472€HT.
Vincent Bouget rencontre le maire de Montpellier ce vendredi
« Je suis dubitatif sur les financements de l’Etat...», interpelle Franck Proust, ancien président Républicain de l’Agglo, désarmais élu communautaire, qui rappelle avoir participé à plusieurs comités de pilotage lorsqu'il était aux responsabilités. Ce dernier attire l’attention sur un point : « C’est un projet important pour l’avenir du marché Gare, mais si toutefois Montpellier n’est pas retenu pour être financé dans le cadre du SERM, il faudra bien veiller à ce que l'on puisse intégrer le déplacement de la gare dans le cadre du Contrat de plan Etat-Région". Vincent Bouget clôture sur une annonce : il reçoit le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, ce vendredi après-midi avec pour objectif notamment d’échanger sur le SERM.
*Le 29 mars 2024, la Région Occitanie, Montpellier Méditerranée Métropole, le Département de l'Hérault, la Communauté d'agglomération Pays de l'Or, Sète Agglopôle Méditerranée, Lunel Agglo et Nîmes Métropole, dans un courrier adressé au ministre chargé des Transports, ont demandé la labellisation du projet de Service Express Régional Métropolitain Montpellier Méditerranée (SERM). Cette labellisation a été accordée le 27 juin 2024, permettant d'engager la démarche destinée à élaborer le dossier de synthèse en vue de l'obtention du statut de SERM. Ce dernier sert à transformer les déplacements du quotidien et à désengorger les routes du bassin montpelliérain en proposant une offre complète de transports en commun d'ici 2034