Hérault : la CGT lance un appel à la grève face à la crise du système de santé

mardi 18 août • 11:41
L'USD CGT Santé Action Sociale de l'Hérault lance un appel à la grève à l'ensemble des salariés de la fonction publique hospitalière et des secteurs sanitaire, social et médico-social pour le 15 septembre prochain.

Une mobilisation générale des professionnels de la fonction publique hospitalière et des secteurs social, médico-social et sanitaire est attendue pour le 15 septembre prochain. Lancé par l’USD CGT Santé Action Sociale de l’Hérault, cet appel à la grève s’inscrit dans le cadre de l’appel national de la Fédération CGT de la Santé et de l’Action Sociale, à l’approche de l’examen par le Parlement, à l’automne, du Projet de loi de finances (PLF) et du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027.

Une « dégradation continue depuis vingt-cinq ans »

Le syndicat déplore une « dégradation continue depuis vingt-cinq ans » avec des « lois de financement de la Sécurité sociale successives construites autour d'une logique de maîtrise comptable des dépenses (ONDAM), au détriment de l'hôpital public et de l'ensemble des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux ». Selon la CGT Santé Action Sociale, cette politique a engendré de nombreuses conséquences, telles que « fermetures de lits et de services, des difficultés de recrutement, un allongement des délais de prise en charge, un épuisement des professionnel·les et une précarisation des salarié·es. »

"Les moyens existent"

En plus des conditions de travail dégradées, le syndicat pointe une baisse des moyens consacrés à la protection sociale, alors que les dépenses militaires et les aides aux entreprises augmentent. Il souligne notamment que « 6 milliards d’euros ont déjà été prélevés sur la Sécurité sociale pour financer cet effort » militaire, tandis que « 70 milliards d’euros sont soustraits au financement de la protection sociale au titre des exonérations de cotisations patronales ». L’USD CGT Santé Action Sociale de l’Hérault affirme que « les moyens existent : c'est un choix politique de ne pas les affecter à la Santé et à l'Action Sociale. »

Des conséquences à l'échelle locale

À l’échelle locale, les dégradations des conditions de travail se font également ressentir. C’est notamment le cas à Lodève, où la CGT tente depuis 2016 d’obtenir la réouverture d’un service d’urgences à l’hôpital, ou encore au centre hospitalier de Clermont-l’Hérault, où « les personnels sont en grève depuis plusieurs mois contre une dégradation continue de leurs conditions de travail, aggravée par la canicule et le manque d’effectifs ». Pour le syndicat, ces situations « ne sont que le reflet, à l'échelle du département, d'une crise nationale du financement de la Santé et de l'Action Sociale. »

Plusieurs revendications

Alors, la CGT demande le déblocage immédiat des 1,1 milliard d’euros mis en réserve au ministère de la Santé et l’arrêt des ponctions sur la Sécurité sociale pour financer le budget de guerre. Elle revendique également, pour 2027, une hausse de 10 % de l’ONDAM (Objectif national des dépenses d’assurance maladie), la suppression de la taxe sur les salaires de la fonction publique hospitalière et des exonérations de cotisations sociales patronales, ainsi que la réouverture des lits et services fermés, un plan massif et pérenne d’embauches, la revalorisation des salaires, pensions et carrières et la reconnaissance de la pénibilité. Enfin, elle demande l’ouverture d’un débat public sur les besoins du système de santé et les moyens nécessaires pour y répondre.

Une mobilisation dans la durée

Le syndicat appelle donc à la mobilisation le 15 septembre, à Montpellier, à partir de midi, devant la préfecture de l’Hérault, place des Martyrs de la Résistance. Cette mobilisation entend s’inscrire dans la durée. En effet, la CGT affirme qu’elle « se poursuivra en octobre avec des initiatives locales et la convergence avec l'appel des retraité·es le 14 octobre, puis en novembre et décembre avec des assemblées générales de salarié·es et des appels à la grève reconductible, dans la perspective d'une journée de mobilisation le jour du vote du budget à l'Assemblée Nationale. »

Antoine Fagant/InfOccitanie.