Le 28 octobre dernier, le député Rassemblement national de la 1ère circonscription du Gard et porte-parole du parti frontiste, publiait une photo des arènes nîmoises sur ses réseaux sociaux avec pour inscription : "c'est beau, c'est français !". Un texte un brin philosophique accompagnait alors cette affiche : "Le beau est une marque de respect envers soi-même, envers les autres, mais aussi un hommage rendu au monde. Le beau conduit au bien-être et au bien". Un slogan qui n'a pas manqué de faire réagir Denis Lanoy, metteur en scène de profession, adjoint au maire de Nîmes, chargé des Arts et de la Culture.
Visuel publié sur Facebook par le député Yoann Gillet
"Un récit qui falsifie l'histoire est un peu court et carrément trompeur voire mensonger"
"Oui, les arènes de Nîmes sont belles mais en faire un outil de propagande, imposant un discours détourné, un récit qui falsifie l'histoire est un peu court et carrément trompeur voire mensonger, écrit-il ce mercredi 4 novembre sur ses réseaux sociaux. Car enfin de quoi les arènes de Nîmes sont-elles avant tout le signe et le symbole : sont-elles françaises ? Peut-on les réduire à n’être que cela ?"
Une histoire "partagée tout autour de la Méditerranée"
Denis Lanoy s'improvise alors professeur d'Histoire : "Elles sont avant tout le signe d'une histoire commune et partagée tout autour de la Méditerranée. Elles ne peuvent pas être d’identité française seulement et uniquement. Si les arènes sont belles c’est qu’elles sont le témoignage vivant de l'histoire de la Rome antique qui un temps, structura la culture méditerranéenne, elle-même refuge de multiples cultures. Tout autour du bassin méditerranéen, les vestiges d'amphithéâtre antique Romain, en état divers de préservation, jalonnent les pays, jalonnent les territoires. En Algérie, En Tunisie, en Libye, En Syrie, En Italie, et cætera et cætera. Affirmer imprudemment et péremptoirement que les arènes de Nîmes sont belles parce que d’identité française est un contre-sens majeur, une absurdité".
Denis Lanoy fustige par ailleurs un "trumpisme" de la part du député frontiste : "Vouloir par intérêt idéologique imposer au réel une vérité alternative totalement impropre et impossible porte aujourd’hui un nom, c’est du trumpisme".
"Et force est de constater, feria nîmoise oblige, qu’elles ont un petit caractère espagnol aujourd’hui que nulle ne peut leur enlever"
L'adjoint et conseiller communautaire de poursuivre : "Elles sont parvenues jusqu’à nous, de générations en générations, parce que chacune de ces générations a su en prendre soin, tantôt pour s’y réfugier, tantôt pour y habiter, tantôt pour y faire la fête. Et force est de constater, feria nîmoise oblige, qu’elles ont un petit caractère espagnol aujourd’hui que nulle ne peut leur enlever. (...) Les arènes de Nîmes appartiennent à l’histoire, à l’humanité (...)."