Le 2 novembre 2026, la communauté de communes Vallée de l’Hérault présidée par Jean-François Soto, maire divers gauche de Gignac et conseiller départemental, a renouvelé une subvention de 1000 € à l’association SOS Méditerrannée. Cette dernière a notamment pour mission de porter assistance aux personnes en situation de détresse en mer grâce à des opérations de recherche et de sauvetage. Les données publiées par l'association mettent en lumière l'ampleur de la crise humanitaire en mer à travers plus de 43 500 personnes secourues depuis le début des opérations de l'ONG en 2016 (à bord de l'Aquarius, puis de l'Ocean Viking). Notons que l'association SOS Méditerranée est financée à 93 % par des fonds privés, issus de la mobilisation citoyenne et de la société civile. Le reste de son budget provient en effet de subventions de collectivités territoriales ou d'aides publiques.
Un "scandale" pour le RN
Sur les réseaux sociaux, Amélie Drevet, conseillère communautaire du Rassemblement national, publie alors un visuel pour le moins tapageur avec en lettres capitales rouge : "scandale !". Une subvention qui, de l'avis de la frontiste, "relance le débat sur l'appel d'air migratoire". Fidèle au positionnement de sa famille politique, l'élue justifie alors : "J’ai voté contre. Mon choix est clair : je considère que l’argent public doit être consacré aux besoins des habitants de la Vallée de l’Hérault et aux projets de notre territoire. Je conteste le choix de consacrer des fonds publics à une association politisée à gauche dont les positions pro immigration sont connues de tous".
Julie Frêche, sénatrice PS de l'Héraut, conseillère municipale dans la majorité de Michaël Delafosse à Montpellier, bondit de sa chaise. "Soutenir SOS Méditerranée n’est pas un sujet de polémique politicienne : c’est une question d’humanité et d’honneur pour la politique", estime celle qui apporte son soutien au maire de Gignac et salue son "courage et sa dignité".
"Personne ne quitte sa terre, sa famille et ses proches pour risquer de mourir en mer par plaisir"
A l'attention du parti à la flamme, Julie Frêche rappelle un élément : "porter secours à une personne en détresse n’est ni de gauche ni de droite. C’est un devoir, pas un choix idéologique. Et contrairement au fantasme de l’'appel d’air', rien ne démontre que le sauvetage en mer encourage les départs". La même de clarifier : "Personne ne quitte sa terre, sa famille et ses proches pour risquer de mourir en mer par plaisir. Lorsqu’un homme, une femme ou un enfant se noie, on ne lui demande pas d’où il vient ni ses papiers… On lui tend la main !".
Une histoire de "Castafiore"
Le sénateur PS de l'Hérault Hussein Bourgi y va également de sa plume sarcastique devenue sa marque de fabrique : "Dans la vie, il y a des gens qui se distinguent par des engagements, des actes, ou des réalisations. Et il y en a d’autres qui essaient d’exister en jouant les Castafiore. Pour le meilleur rarement. Et souvent pour le pire. Comme dans le cas présent …"
"SOS Méditerranée porte secours à des personnes victimes de la traite d’êtres humains, victimes de passeurs mafieux"
Au tour de Jérôme Moynier, conseiller départemental, d'abreuver : "honneur aux élus qui votent des subventions qui sauvent des vies. SOS Méditerranée porte secours à des personnes victimes de la traite d’êtres humains, victimes de passeurs mafieux". Lequel voit plus loin : "L’immigration est une chance pour l’Europe quand notre natalité est en déclin, quand nous manquons de main d’œuvre, quand nous n’avons plus assez de médecins".