En moyenne, l'attente pour obtenir un rendez-vous chez un dermatologue en Occitanie s'élève à plus de quatre mois, selon le dernier baromètre de l'accès aux soins de la Fédération hospitalière de France (FHF). Un temps d'attente souvent trop long au regard de l'urgence que peut représenter la situation du patient.
"Ne pas passer à côté d’un mélanome ou d’un carcinome"
Alors, l’URPS Kinés Occitanie a décidé de mener une expérimentation. Depuis un an, 13 kinésithérapeutes d'Occitanie, soit un par département, sont équipés et formés à l’usage d’un appareil appelé « dermatoscope » et à la téléexpertise. L'objectif ? Être en capacité de repérer des maladies de la peau, telles que des cancers. « Nous ne transformons pas les kinés en dermatologues. Nous voulons qu’ils sachent identifier une lésion potentiellement inquiétante et orienter le patient vers la bonne filière. Le véritable enjeu est de ne pas passer à côté d’un mélanome ou d’un carcinome qui aurait pu être détecté plus tôt. Et, in fine, de sauver des vies », explique Xavier Font, masseur-kinésithérapeute installé à Narbonne (Aude), vice-président de l’URPS Kinés Occitanie et pilote du projet.
Au total, 35 actes de repérage ont ainsi permis d’identifier quatre carcinomes et deux mélanomes nécessitant une prise en charge spécialisée rapide.
100 nouveaux kinés formés et équipés
Ces résultats encourageants permettent désormais à cette expérimentation de bénéficier du soutien de l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie, qui va également être étendue. À partir du mois de septembre, 100 kinésithérapeutes, sélectionnés par l’URPS, seront formés dans toute la région, avec une attention particulière portée aux territoires où l’accès au dermatologue est plus difficile. Ils seront eux aussi équipés de dermatoscopes connectés et intégrés à un parcours d’orientation s’appuyant sur la téléexpertise.