Les prix du pétrole ont flambé ce lundi matin, dépassant brièvement 80 dollars le baril, en raison notamment des perturbations sur l’offre mondiale de brut. La guerre qui a éclaté au Moyen-Orient laisse planer la menace d’une hausse des coûts à la pompe pour les Français.
Le passage du détroit d’Ormuz paralysé
L’Iran a été la cible d’attaques américaines et israéliennes. Le barrage du détroit d’Ormuz qui relie le Golfe à l’océan Indien, principale voie de navigation connectant les pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde, est « de facto fermé », ont affirmé samedi dernier les Gardiens de la Révolution, cités par des médias iraniens. Près de 20 % de la production mondiale de pétrole transite par ce passage hautement stratégique.
Environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement en 2024, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). Le détroit est particulièrement vulnérable en raison de sa faible largeur (50 kilomètres environ), et de sa profondeur, qui n’excède pas 60 mètres. La perte de millions de barils d’offre de pétrole brut par jour pourrait provoquer une flambée des prix du baril et, par conséquent, des carburants à la pompe.
Quelle hausse ?
Les analystes prévoient une augmentation significative du prix du baril, qui pourrait atteindre 100 à 120 dollars en cas de guerre prolongée et d’embrasement régional. Avant le conflit, le baril de Brent s’échangeait autour de 72 dollars. À partir de 100 dollars le baril, il faut s’attendre à une hausse entre 15 et 20 centimes par litre de carburant. Si le baril dépasse 120 dollars, l’augmentation pourrait alors atteindre 30 à 40 centimes par litre, voire plus.
L’Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l’Opep+ ont décidé d’augmenter dimanche dernier leurs quotas de production de pétrole de 206 000 barils par jour en d’avril. Mais celle-ci pourrait s’avérer insuffisante si le conflit s’amplifie ou si les infrastructures pétrolières sont ciblées.