Le nouveau maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, élu dans une triangulaire avec 40,40% des voix, a retiré le drapeau européen sur le fronton de l’hôtel de ville. La séquence, filmée et diffusée sur le compte X du maire, le montre en train de remplacer le symbole européen par un drapeau tricolore, installé à côté d’un autre drapeau français ainsi que du drapeau occitan.
Dehors les drapeaux européens à la mairie !
— Christophe Barthès (@BarthesChristop) March 29, 2026
Place aux drapeaux français 🇫🇷 pic.twitter.com/QqoymNwUCm
Le texte qui accompagne la vidéo est sans équivoque : « Dehors les drapeaux européens à la mairie ! Place aux drapeaux français ». En réponse à ce tweet, des internautes rappellent les aides financières européennes, perçues par l’aéroport de Carcassonne (lire ici) ou celles qu’aurait perçues Christophe Barthès en tant que vigneron. La députée PS et conseillère municipale de Montpellier, Fanny Dombre-Coste y va également de son commentaire : « il ne rejetait pas l’Europe quand il percevait 230 000 euros d’aides pour son exploitation agricole ».
Il faut dire que cette initiative de retrait de drapeau a attiré l’attention des internautes qui ont déterré certains documents consultables en ligne relatifs à l’EARL Barthès, c’est-à-dire la société civile à objet agricole dont le maire est le gérant. Des documents qui mentionnent notamment les aides perçues de cette société au titre de la PAC, Politique agricole commune.
À #Carcassonne, le maire @BarthesChristop bafoue la loi. Il ne rejetait pas l’Europe quand il percevait 230 000 euros d’aides pour son exploitation agricole 👀
— Fanny Dombre-Coste (@F_DombreCoste) March 30, 2026
Interdiction de la mendicité, rejet de l’#Europe…à peine élu et déja le vrai visage du #RN apparaît : celui de la… https://t.co/G54Ji2PZAJ
Que dit la loi ?
« L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge », stipule l’article 2 de la Constitution. Dès lors, « le drapeau tricolore français est le seul emblème obligatoire qu’il convient d’arborer sur les bâtiments et édifices publics à l’occasion de cérémonies nationales », précise un guide protocolaire du ministère de l’Intérieur. Il en va de même lors de « la réception de chefs d’État étrangers » ou « pour la mise en berne des drapeaux lors de deuils officiels ».
Toutefois, si « l’usage républicain veut que le drapeau national orne de manière permanente la façade des bâtiments publics », le ministère ajoute qu’il « n’existe […] aucune obligation de pavoisement des mairies ». Le drapeau de l’UE, souvent mis en avant aux côtés des couleurs françaises, ne se révèle pas davantage obligatoire.