Soutenue par les groupes politiques allant du centre à l’extrême droite, la loi « visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai » ne passe pas auprès des groupes de gauche mais aussi des syndicats. « Cette loi est une grave atteinte au droit des travailleurs et travailleuses », martèle Serge Ragazzacci, secrétaire départemental de la CGT de l’Hérault. Cette loi adoptée par le Sénat en 2025 a été examinée et débattue ce vendredi 10 avril par l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
Fait peu commun, le groupe du camp présidentiel a déposé une motion de rejet préalable de ce texte, bien qu’il en soit porteur. Une façon d’éviter les débats et de renvoyer la proposition de loi en commission mixte paritaire, composée de députés et de sénateurs, là où un accord a davantage de chances d’être trouvé. Une stratégie vivement critiquée par les représentants de gauche. Du côté des syndicats, cette proposition de loi « s’attaque au seul jour payé, chômé et qui fait écho aux luttes sociales. C’est tout sauf symbolique de s’attaquer au 1er mai, c’est s’attaquer d’abord à un symbole », fustige Serge Ragazzacci.
L’illusion du choix ?
D’après ce texte, certains établissements et services pourraient être autorisés à faire travailler leurs salariés le 1er mai, sur la base du volontariat. « On sait que cela va devenir, derrière les côtés policés du volontariat, etc. On voit bien ce que cela donne dans les embauches directes où ce volontariat est presque obligatoire, sinon on n’est pas embauché », estime Elian Bourgade, secrétaire départemental de l’UNSA 34. Au-delà des potentiels problèmes liés au recrutement, certains syndicats, comme la FSU, regrettent que si « certains acceptent de travailler le 1er mai, c’est parce que les salaires sont trop bas et que le travail ne permet plus de vivre décemment », avance Christine Saint-Joanis. Enfin, pour Sébastien Mazel, secrétaire général FO Santé, « les droits sociaux se conquièrent et ne seront jamais donnés aux salariés ».
« Manifester pour la paix »
Alors les syndicats sont unis ce vendredi 10 avril afin d’appeler ceux qui veulent « défendre leurs droits mais aussi la paix dans le monde à manifester le 1er mai », insiste Serge Ragazzacci. Une corrélation entre la paix dans le monde et la lutte du 1er mai qui « n’est pas artificielle », assure Christine Saint-Joanis. « Ce ne sont pas les patrons qui meurent, ce sont les travailleurs. Si on étudie ceux qui meurent à la guerre, ce sont les travailleurs et travailleuses », complète la représentante de la FSU. Les syndicats inscrivent également la mobilisation du 1er mai dans un « contexte de montée de l’extrême droite dans le pays », affirme Diane Guénot, représentante de Solidaires. « Les attaques du 1er mai viennent des rapprochements entre le Rassemblement national et le patronat. Nous appelons alors à rejoindre l’ensemble des points de rassemblement pour un 1er mai antifasciste partout ».