Montpellier : un budget 2026 de 718 millions d’euros adopté entre soutien de la majorité et vives critiques de l’opposition

vendredi 17 avril • 18:40
Le conseil municipal de Montpellier a adopté le budget primitif 2026 à hauteur de 718 millions d'euros, qui a suscité de vifs débats.

Deux visions ce sont opposée lors du vote de ce budget primitif de la ville de Montpellier adopté par le conseil municipal ce 14 avril. Ce dernier s’élève à 718 millions d’euros dont 498 millions destinés aux services publiques, comprenant 181 millions d’euros pour les écoles, la petite enfance et les politiques alimentaires (dont 106 millions pour la construction, rénovation et agrandissement d’école ou encore 21 millions destinés à la cité de l’alimentation); 64 M d’€ pour les aménagements 53 M d’€ pour la sécurité et la salubrité (dont 17,8 M consacrés à l’hôtel des sécurités dans la fin des travaux est prévu pour 2029); 44 M d’€ pour la solidarité et la proximité ou encore 32 M d’€ pour la transition écologique dont 8,3 M pour le projet du parc Lunaret-Lavalette-Montmaur.

Maintien de la taxe foncière

Un budget qui s’accompagne de « choix forts », comme l’a rappelé Serge Guiseppin, élu délégué aux finances, notamment le maintien de la taxe foncière sur le bâti à 52,63 %, sur le non-bâti à 112,71 % et de la taxe d’habitation à 22,49 %. En détail, les dépenses de fonctionnement du budget primitif 2026 sont évaluées à 396 M€ (222 M€ de dépenses de personnel, 115 M€ de charges courantes et subventions, 38 M€ de participation à la Métropole, 16 M€ d’intérêts de la dette et 5 M€ d’autres dépenses). En face, les recettes de fonctionnement atteignent 442 millions d’euros (dont 222 M€ de fiscalité), soit 46 millions d’euros d’épargne brute.

240 millions d’euros d’investissement

Une épargne essentielle pour couvrir l’écart entre les recettes et les dépenses d’investissement. La Ville prévoit d’investir 240 millions d’euros cette année, dont 157 M€ de dépenses d’équipement et 50 M€ pour la gestion active de la dette. En parallèle, les recettes d’investissement sont estimées à 194 M€, dont 117 M€ d’emprunts, auxquels s’ajoutent les 46 M€ d’épargne brute. La capacité de désendettement est donc estimé à 10,3 ans (contre 9,3 en 2025) pour une dette qui s’élève à 468,2 M d’€ au 1er janvier 2026 (contre 409 M en 2025).

Un budget qui « manque cruellement d’ambition »

Bien que largement soutenu par le camp de la majorité, ce budget primitif a été vivement critiqué par l’opposition, notamment du côté de La France insoumise. « Nous pensons que ce budget manque cruellement d’ambition face à l’urgence sociale », martèle Antoine Bertrand, qui regrette le manque de décisions pour la « rénovation thermique des écoles » ou encore « la gratuité des cantines scolaires ». Même son de cloche pour Livia Jampy, qui critique un budget « tout répression ». Julian Mignacca, quant à elle, souligne « les similitudes troublantes des choix budgétaires présentés avec ceux du gouvernement actuel ». Vient le tour de la députée insoumise Nathalie Oziol, qui se veut force de proposition en soumettant « la création de cellules de défense pour les locataires » ou encore « l’attribution des logements sociaux de manière transparente », tout en dénonçant « un budget primitif sans ambition pour Montpellier« . Assurément, l’ensemble des membres du groupe « Faire mieux pour Montpellier » ont annoncé voter contre ce budget.

De l’autre côté de la salle du conseil, Salim Jawhari, membre du groupe d’opposition « Montpellier notre fierté » et colistier de Mohed Altrad, voit également « un budget fragile dans un contexte international difficile », avant d’interroger :« Vous avez construit un budget sur des hypothèses de baisse, mais que se passera-t-il demain si les prix repartent à la hausse ? » Cependant, le groupe d’opposition « Montpellier notre fierté » est lui aussi en désaccord avec ce budget. Salim Jawhari assure que les membres du groupe vont faire le choix de l’abstention et non de l’opposition, car« nous sommes un groupe responsable », tacle-t-il, provoquant des esclandres sur les bancs de LFI.

« Ne vous trompez pas de combat »

Suite à ces attaques, les élus de la majorité ont apporté leurs lots de réponses. Tout d’abord, Manu Reynaud, 7e adjoint au maire, demande aux élus de l’opposition de ne pas « se tromper de combat », notamment « lors des présidentielles » à venir. De son côté, Julie Frêche répond directement à Antoine Bertrand sur les questions des écoles et des cantines scolaires, en rappelant que « nous avons déployé un plan écoles de 400 millions d’euros pour rénover, construire et adapter nos établissements, et que la dotation scolaire a augmenté de 28 % lors du dernier mandat ». La conseillère de la majorité conclut sa prise de parole en affirmant « qu’être de gauche, c’est refuser les fausses oppositions ».

Ce budget primitif a donc été adopté à 53 voix. Les huit Insoumis ont voté contre, tandis que les huit autres membres du groupe de Mohed Altrad se sont abstenus.

Rédaction InfOccitanie/InfOccitanie.